‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 236 sur 511 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

LA MANIERE OE REDVIRE LA LyxATION DV COVDE FAITE EN LA PARTIE EX- TERIEVRE.

Et lors qu'on voit quer le bras du malade demeure presque en figure droite, sans le pouuoir aucunement fléchir, faut conclure la luxation estre faite en la partie extérieure. Parquoy la faut réduire promptement, à cause qu'il s'y fait fluxion et inflammation , pour l'extrême douleur qui interuient.

» II semble ici que Paré adraetle des luxations complètes et incomplclcs dans tous les sens ; mais en éludiaut mûrement son texte, je suis arrivé à celte conclusion , que ses luxations en dehors et en dedans ( en avani et en arrière de Celse et des modernes ) sont toujours complètes ; et ses luxations en haut et en bas ( latérales des modernes ) sont toujours incomplètes. Voyez ji cet égard le chapitre 34.

Donc pour faire la réduction , en quelque partie que la luxation soit faite, faut qu'vn seruiteur tienne fermement le in-asdu malade au dessous de la ioinlure de l'espaule, et le chirurgien tirera le bras par la main, et poussera l'os de l'avant-bras en de hors , et l'eminence du coude en dedans, et tirera le bras petit à petit en le tournant d'vn costé et d'autre, à fin de ietter l'os en sa cauité.

le veux icy aduertir le ieune chirurgien que pour réduire icelie desloiieure , ne faut fléchir le bras , pource que iamais par ce moyen l'os ne pourroit estre réduit, à cause que Tapophyse intérieure de l'os du coude est en la place de l'apophyse extérieure de la cauilé de l'os du haut du bras : et partant, en pliant le bras, on fait seulement que hausser le coude, et ne le tire-on pas en sa cauité '.

Et où telle chose ne se pourra faire par la main , adonc faut faire que le bras luxé embrasse vue colomne, ou le pied d'vn lit , et qu'il soit vn peu plié : puis on empoignera d'vne forte lisière l'extrémité du coude, dite ole-

1 Point notable de fjrande importance. — A. P.

Je suis bien encore obligé de faire remarquer que point notable et de grande importance est en parfaite opposition avec les deux procédés que l'auteur va recommander et mèm-e représenter par des figures; ce qui est d'autant plus étrange que ces procédés, comme je vais le dire , paraissent véritablement lui appartenir.

Dalechamps décrit pour cette luxation les procédés des anciens , puis les trois procédés des arabisles indiqués par Guy de Chauliac , savoir, l'étrier, le talon et le genou; et eutin il ajoute :

Aucuns operateurs réduisent ccste [deloueure, estendans le bras à l'enlour d'un pastcau rond et le pliant de force, qui e^t unç maniera simple et facile.

DES LVXATIONS.

crâne, la tirant vers sa cauité auec vn baslon entortillé dans ladite lisière, comme tu vois par ceste Ogure.

Lafigvrc qui monstre à faire la rédaction du coude autour d'vn pilier auec un baston s.

tombe en sa place, coninic tu vois par cesle figure.

La figure qui montre a faire la réduction du coude far vn lien.

Le signe que l'os sera réduit, c'est que le malade estend et fléchit le bras, et la douleur est cessée, et la Ggure viciée remise en son estât naturel.

Autre manière encore plus facile :

c'est que le bras estant autour du pilier , on mettra vn bien fort lien de la largeur d'vn pouce sur l'extrémité du coude , puis sera tiré tant que l'os

• 'Ce procédé et le suivant sont tout-àfait modernes, et ne se trouvent dans aucun auteur antérieur à Paré. On trouve bien dansOribascet dans les arabisles la méthode des extensions exercées sur l'avant-bras fléchi , mais nullement celle des tractions directes sur l'olécràDe.

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