CHAPITRE XLIX
LA MANIERE DE HI-DVIRE LA LVXATION Di: LA CVISSE FAITE EN DEVANT.
Si la luxation est faite en deuant, faut situer le malade sur le costésain, et le lier ainsi qu'auons dit. Puis le chirurgien mettra vne compresse dessus la teste de l'os qui fait eminence , aquelle sera tenue fermement par vn seruiteur. Puis ayant fait l'extension suffisante, le chirurjjien auec la main poussera la teste de l'os en sa boëlte : et si la main n'est assez forte, la poussera auec le genoiiil , tant qu'elle soit réduite: et estant réduite, sera traitée et bandée ainsi qu'auons enseigné cy dessus.
du moufle applique à la réduction des luxations, et il s'en attribue nettement ici la possession, tiostre moufle. Mais, sans parler des machines à treuil des anciens, les modernesavaient aussi imaginé des moyens de traction plus puissants queJ'extension par la main des aides. Guy de Chauliac fixait le plein d'une serviette au-dessus du genou, en ratt.icliait les deux bouts à un pilier solidement implanté sur la table même où l'on couchait le patient, et, à l'aide d'un levier ou cheville introduit entre les bouts de la serviette, et qui servait à la tordre, il étendait le membre avec une grande force. Ce qu'il y a d'obscur dans la description de Guy est éclairé par la glose de Dalechamps. (\çlui-ci nous rapporte un autre procédé encore:
« Aucuns font tourner les posteaux (ce que Guy appelle les piliers) auec deux barres passées au irauers, mettent les bouts des toiiailvs (les draps ou serviettes) dansvn des perlais où passent les barres, a fin que la barre, remise en son trou, les tienne ferma •' puis tournent le posteau, et font ainsi l'extension. — Chirurgie française, p. 880.