‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 366 sur 511 · DV PROGNOSTIC DES CARNOSITÉS, ET DE · texte numérisé non relu

DV PROGNOSTIC DES CARNOSITÉS, ET DE

LA cvr.E d'icelles'.

Lors qu'il y aura commencement de carnosité, le plustost qu'il sera possible la coniiiendra curer : car elle croislroit de iour en iour, et ne seroit aucunement guérissable par nature. La suppression entière de rvrine, et les accidens cy dessus escrits, monstrent assez la difficulté de sa guerison ; ioint aussi que les remèdes sont mal- aisés à y appliquer :

neantmoins te gouuernant tant en gênerai qu'en particulier ainsi que nous t'enseignerons, tu pourras paruénir à la fin par toy prétendue.

Hippocrates dit que ceux qui ont tubercule ou carnosité en la cauité de la verge, sont guaris par la suppuration et éruption du pus 2.

Or le temps plus propre pour les curer, est le printemps, et puis l'hyuer : toutesfois si la maladie presse , on n'aura esgard au temps. En faisant la curation. ie patient se doit garder de l'acte vénérien : car par iceluy les reins, les vaisseaux spermatiques , glandes prostates, et toute la verge, s'enflent , escbaulfent , et par conséquent attirent de toutes les parties supérieures : dont adulent que sont enuoyées plusieurs superfluités aux parties blessées , qui empeschent la guerison ^.

' Ce chapitre est formé des chapitres 9 et 10 du liuie Des cliaurles-piises ; le chapitre 9 comprenait seulement le premier paragraphe de celui-ci.

- Aphor. 82, Hure 4. — A. P. — Cette phrase a été intercalée en cet endroit en 1Ô35.

3 Les chapitres 5 et 6 dq Ferri traitent des

LE SEIZIEME LIVRE

Poursuiuant la curation desdites carnosilés , il se conuient garder de trop vser en la voye de l'vrine des remèdes acres et corrosifs : pour ce que la sensibilité de ce conduit estant par iceux offensée , pourroit estre cause de grands accidents. Il ne faut auoir peur si, de fois à autre, vient quelque flux de sang desdiles carnosités : car c'est vue chose fort conuenable (seuacuant une portion de la matière coniointe) qui mesme soulage la partie, et empesche le mal de grandir, attendu que le sang est cause de la carnosité. Pource n'aduenant de soy mesme ledit flux de sang, ce sera fort bien fait de le prouoquer discrètement par la sonde ».

instruments et des soins préparatoires, noùsy reviendrons plus tard. Le 7"^ s'occupe du temps d'élection; c'est le printemps d'abord ; puis l'automne, puis l'hiver, et plus particulièrement les mois de mars, avril, mai, septembre et octobre; et l'auteur ajoute, ce que Paré a omis, que les lieux les plus secs sont les plus favorables à la guerison. Quant aux cas urgents, et à la nécessité de s'abstenir du coït, Ferri en parle de la même manière que Paré.

' Ce précepte n'est pas jeté au hasard, comme on le pourrait penser; Paré y insiste dans une note marginale ainsi conçue :

Il est bon de faire souuent saigner les car~ nosités.

Les chirurgiens modernes n'ont point adopté celte manière de voir, et, sans s'effrayer de ce petit écoulement de sang, ils se gardent de le provoquer. Il y a une autre assertion de Paré qui sera trouvée un peu téméraire, savoir, que le printemps et l'hiver sont les saisons les plus favorables au traitement des rétrécissements. Sî j'en jugeais par ma propre expérience, je dirais précisément tout le contraire.

Au reste, Thierry de Héry avait consacré quelques pages de son livre à l'histoire des carnosités (2i3 à 22(i), et il est curieux de

DE LA GROSSE VEROLLE

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