‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 478 sur 511 · CHAPITRE LXXl · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXl

DES PALLES COVLEVRS ^.

Nous auons dit cy deuant que le sang- menstrual commence à apparoistre aux filles ja meures, commençans à sentir leur cœur, et dcuenir amoureuses, et estres capables d'estre

' L'édition do 1573 et même encore celle de 1679 ajoutaient ; duquel lu vois icy le poriraici; après quoi venait la figure, un peu différente de celle du chapitre 57, et qui a été déjà reproduite au chap. 29 du Livre des Tumeurs en ijenerul, t. 1", p. 369. J'y renverrai d'autant plus volontiers le lecteur qu'il s'agit là du chancre de la matrice ; et qu'on y trouvera ainsi le complément des matières dont il est traité dans le Livre actuel.

« Cette phrase se lit pour la première fois dans l'édition de 15S6, et annonce les chapitres qui vont suivre, et qui n'existaient pas auparavant. C'est une sorte de traité complot des pâles couleurs en treize chapitres, dont la date, comme on voit, est fort tardive eu égard au reste du livre. Je ne sais où Paré en a pris les détails.

^ Ce chapitre est de 1585. Voyez la note précédente.

mariées, et porter enfans, qui est en l'aage de quatorze, quinze, et seize ans : qui est lors que le sang s'eschauffe et boiiillonne dedans les veines, et monte aux mammelles, qui les fait enfler et durcir. Semblablement le poil folet commence à apparoistre autour de leurs parties génitales, qui lors sont chaudes et tuméfiées : leur voix se mue et dénient plus graue :

elles sentent douleur à la teste, auec vomissement de cholere et pituite. Le sang de leurs fleurs vient à sortir goutteà goutte, semblable en couleur à la laueure de chair sanglante, parce qu'il n'est encore bien cuit, à cause de leur tendre ieunesse, qui fait qu'il est séreux, aqueux, et blaffard- On voit aduenir de grands accidens par la rétention de leurs fleurs, et encor plus grands si par l'irritation de la copulation charnelle elles ne rendent leur semence : car estant retenue, se corrompt et acquiert venenosité, d'où procèdent les pâlies couleurs.

Or à d'aucunes le sang menstrual ne s'eécoule, à cause que les vaisseaux, à sçauoir veines et artères, sont augustes et estroits, et encores non destouppés : si que ne pouuant sortir, regorge en la masse sanguinaire qui s'altère et corrompt, faute d'estre euacué, et toute l'habitude du corps ne peut estre bien nourrie, dont se fait Leucophlegmatie, qui fait le corps tout bouffi, et la couleur du visage basanée et blafîarde : c'est pourquoy on les appelle pâlies couleurs.

Dont ensuiuent plusieurs maladies et accidens, comme battement de cœur, boursoufleure , appétit corrompu , nausée , vomissemens , frissons, rigueurs, souspirs , gemissemens , ris, rcsueries, euanouissemens , fleures lentes et erratiques , veille, et autres accidens.

LE DIX-HVITIEMK LIVRE

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