DE THYM, ESPECE DE VEBRVE QVI VIE AV COL DE LA MATRICE
Thym naist aux aisles du col de la matrice, ou dedans le col mesmc, qui est vne espèce de verrue auec aspérités creuassées, semblable à la teste du thym. Les Arabes les nomment verrues porales, par-ce que sa leste est diuisée en plusieurs parties , comme la teste d'vn porreau en ses filets. Il y en a de deux espèces, vn petit et l'autre fort grand, qui s'appelle Fiais ou F<c, et du populace, le mal sainct Fiacre'^. L'vn est malin, et l'autre bénin et gracieux. Le bénin est vne petite chair estroite par en bas, et large par en haut, auec deux eminences peu apparentes, blanchastres ou rougeastres, sans douleur. Le malin est plus grand, plus dur, plus aspre ou rabo-
1 II y a ici une note marginale qui renvoie folio sequenii pour cet isian dicinm.
- Paré a essayé ici de donner une histoire complète sinon de toutcsles tumeurs du vagin (qui est pour lui le col de la matrice), au moins de toutes celles qui avaient reçu un nom particulier. On peut voir, par la composition du texte primitif, combien cette tâche l'avait embarrassé ; et après sa deuxième édition , on peut encore se hasarder à dire que toute cette synonymie est un vrai galimatias. Il y a du reste tenté une autre histoire de ces tumeurs considérées en général au eh. 21 du 5« Livre. Voyez tome I", page 357.
LE DIX-HVITIÉME LIVRE
teux, de couleur liuide, fongueux, auec vue douleur poignante , comme pointes d'aiguilles. Tous deux s'indignent au toucher, et iettent grande quantité de sang estans coupés ou irrités, principalement après la compagnie de l'homme, ou que la femme aye cheminé ou fait quelque grand exercice.
Ils doiuent estre desseichés par remèdes secs et astringens : aussi les lier et couper. Ceux qui sont malins et douloureux , les faut pallier et n'y toucher, de peur qu'il n'y suruienne vn chancre : on pourra mettre le spéculum matricis, à fin de voir plus aisément.
Diuers portraits de Spéculum matricis ouuerl et fermé '.
' Ces figures avaient paru déjà en 1564 dans les Dix Hures de chirurgie à la fin du livre de^Pfe^yes, Voyez ci-devant, la notei de la page49G. Franco a figuré, dans son édition de 1561, page 399, un spéculum analogue à celui qui est ici représenté en dernier; mais il ne se l'attribue point, et semble au contraire indiquer qu'il y en avait dès lors de plusieurs sortes en usage général.
J'ajouterai du reste que Franco voulait qu'on se servît de ce spéculum pour aller chercher l'arrière-faix dans la matrice ; et
A Dcmonstre la viz qui le clost et ouare. BB F. es branches qui doiuent estre de longueur de huit à neuf doigts.
Ils doiuent estre de grandeur et longueur selon l'aage de la femme :
et lors que tu voudras appliquer l'vn d'iceux, feras situer la femme en tello façon comme nous auons dit cy dessus à Textraction de l'enfant mort, duquel ie t'ay baillé le portrait'.
Or celles qui se pourront lier se feront par vn instrument propre , descrit au chapitre De la relaxation de ['vunle"^, et seront serrés de iour en autre, tant que la verrue sera tombée : dont pour les cures seront liées, coupées et cautérisées, à fin de leur
lel était le sujet de son 86* chapitre , intitulé : D'un autre façon et plus légère auec le spéculum malrici<t.
1 II est à remarquer que cette phrase a été conservée dans toutes les éditions, bien que leporiraii de la situation de lafemme a.tetc enlevé dès 1575. Voyez ci-dessus la dernière note de la page 701.
î Tel est le teite à partir de l'édition de 1575. Mais en 1573 on lisait :
oster leur racine et qu'elles ne lepullulent : ce qui se fera auec huile de
« Or celles qui se pourront lier, se feront par cesl instrument.
Figure d'vn inslmmenl propre à lier les verrues au col de la malvice.
DE LA GENERATION. 789
vitriol OU eau forte », ou de capitel, dont nous faisons nos cautères potentiels.
Aussi ceste eau a grande puissance de les consumer et desseicher iusques à leur racine.
A Monstre un anneau dont sa partie supérieure est un peu caue.
B Un iillet double, lequel s'insère dedans la cauilé supérieure dudict anneau , et se serre par le moien d'vn neud coullant.
C Vn GI de fer dans lequel ledicl fillet passe pour estre serré lorsqu'on aura pris les choses supercroissanles, et demeurera ledict fillet dans le col de la mairice : et sera reserré de iour à autre, etc. »
Cet instrument a été dès 1576 reporté au chapitre? du Livre des Tumeurs en pariiculier (voyez t. i", p. 386) ; mais il m'a paru essentiel de le reproduire ici pour compléter la doctrine de Paré touchant les polypes de la matrice.
■2f Aquar. plantag. 5. vj.
Virid. aer. 3. ij.
Alum. rochae 5. iij.
Salis communis ^ . ft .
Vitriol. Roman, et sublimât, ana 3. û.
Omnia simul terentur et buUiant.
Et se gardera-on que telle chose caustique et bruslante ne touche qu'au lieu qu'on veut oster : s'il y auoit quelque vlcere, on y remédiera comme a esté dit.
Quelque personnage m'a affirmé que la bouse de bœuf chaudement appliquée, y adioustant des fueilles ou poudres de sauinier, fait mourir les verrues qui sont au col de la matrice: àl'espreuue ^.
Quelquesfois aussi ces verrues se font à la verge, et s'il y en a audehors et au dedans du prépuce, il ne les faudra oster toutes ensemble, à fln de ne perluiser le prépuce, qui est mince et délié : mais premièrement nous curerons celles du dedans :
après auoir cicatrisé l'vlcere, nous mettrons la main à celles du dehors.
Aussi les cantharides incorporées aux onguens font tomber les verrues et cors qui naissent entre les orteils.
le sçay d'asseurance que les ver-
1 Édition de 1673 : Eau forie des Alchemisles.
^ Ici finissait le chapitre en 1673. Le paragraphe qui suit se lisait dans l'édition de 1676 , et avait ensuite été omis dans toutes les autres , sans raison que je sache ; je n'ai pas hésilé à le rétablir, sauf à en prévenir le lecteur. Les dcu.\ suivans ont clé ajoutés ea
rues qui viennent aux mains son t guaries y appliquant du pourpied pilé auec son jus : autant en font les fueilles et fleurs du soucy.