Tereb. Venct. 3 . ij
Aquae vita; parum.
Pul. raast. aloës, myrrhœ, boli arm. ana
Nostre baume y est bon îiussi, en y adioustant de la poudre desiccative sans acrimonie, selon qu'on verra estre besoin. El s'il suruient quelques accidens, on y remédiera par remèdes conlrarians à iceux.
Sur tout on doit euiter le froid , parce qu'il est totalement contraire aux playes et vlceres, et principalement des parties nerueuses. Qu'il soit vray , beaucoup d'hommes blessés meurent en hyuer , mesmes de piv tites playes , qui ne mourroient de. plusi grandes en Esté. Et cela s'accorde bien au dire d'Hippocrales, à sçaiioir, qu'aux parties vicerées le froid est mordicant ^ : il en-
Lr. HVITIEME LIVRE,
durcit le cuir, fait douleur, rend les playes insuppurables ( d'autant qu'il diminue ou esteint la chaleur naturelle qui fait la suppuration) engendre liuidilé, frissons, fleures, conuulsions, et tensions.
Et faut icy noter que de telles playes sortent diuers excremens, et principalement une humidité glaireuse, mucilagineuse, et quelquesfois liquide, qui est l'humeur dont les iointures sont entretenues et alimentées , ainsi que chacune partie est nouirie de propre humeur. Car chaque partie a son baume naturel , propre à sa nutrition et entretien, lequel lors que la partie est vuluerée, se découle, ainsi que l'on voit lors qu'on taille la vigne découler une humidité, qu'on appelle séue : c'est ce dont est fait le Callus es fractures'.
Telle humidité des parties nerueuses estant glaireuse, et comme congelée, monsU e bien qu'elle est accompagnée d'une grande froideur, qui cause vue douleur extrême , et répugnante à tous remèdes potentiellement chauds.
Cela monstre aussi, qu'en toute douleur des iointures, s'il y a matière, elle est piuslosi froide que chaude. Et pour appaiser cesle douleur, et corriger l'intemperature froide, on doit appliquer choses calefacliues , non seulement potentiellement, mais aussi actuellement : comme vessies de bœuf ou de porc , demi-pleines d'vne de-
1 Dans le petit Traité de 16T.3, il y a ici une cilaliun qui a disparu depuis, et qu'il est bon de reproduire, atiu de faire voir que Paré ne négligeait aucune des sources d'inslruclion qu'il pouvait se procurer j il s'agit de Paracelse en nu yiuudc Cnirnr'jie.
« i:t c'est ce que Paraceise dit, que chaque partie a son baume propre à sa DutriliOD oa
parue a son uaume propre a ; Aphor. 20, sect. 5. — A. P. ^ entrelien, etc. » Voy. p. 594
DES PLATES T.N PARTJCVLTER.
coction resohitiue, ou des briques fort eschauffées, puis esteintesen vin, et posées tout autour de la iointure, les reschauffant ainsi qu'il sera besoin. Geste chaleur ainsi actuelle aide nature à cuire, digérer, et résoudre l'humeur contenue en la partie, et la fortifie : ce qui est grandement nécessaire , d'autant que la chaleur des iointures est petite, et pource ne peut réduire les medicamens de puissance à effet, si elle n'est aidée par le bénéfice des remèdes aciuellement chauds.
Pour confirmation de ce, ie te reciteray ce qui m'aduint vn iour estant en hyuer en mon estiide. Vn vent coulis me donna tellement contre vue hanche, que me voulant leuer , il me fut du tout impossible , pour le froid qui auoit refroidi les parties nerueuses, et senlois vue extrême douleur, laquelle ne peut estre appaisée que par application de bricques fort chaudes , aussi des vessies de bœuf demipleines d'une décoction d'herbes chaudes, par fois des bouteilles remplies d'eau bouillante, autresfois de mil et auoine fricassés en vne poille auec vn peu de vin blanc. Geste chaleur actuelle me fist perdre la douleur : ce que n'eussent iamais fait les remèdes potentiellement chauds.