CHAPITRE IX
COMME LES MALADIES SONT COMPLI- OVÉES '.
D'auantage, en prenant lesdites in dications, faut considérer s'il y a complication de maladie ou non. Car ainsi que la maladie simple propose indication simple, aussi la complication des dispositions contre nature propose indications compliquées. Or les complications se font en trois manières , c'est à sçauoir maladie auec maladie , comme playe auec aposteme ou fracture d'os : maladie auec cause, comme vlcere auec fluxion : et maladie auec symptôme , comme playe auec douleur ou flux de sang :
ou toutes choses contre nature ensemble, comme maladie, cause et symptôme.
Or pour sçauoir traiter artificiellement toutes ces complications , on doit suiure la doctrine de Gai. au 7.
de la Méthode, laquelle nous exhorte à considérer es affections compliquées, la plus vrgente, la cause, et celle sans laquelle la maladie ne peut
' Ce chapitre est confondu avec le précédent dans l'édition de 1664 , et même encore dans celle de 1575.
DES PLAV£S D
estre oslée, qui sont choses de grande importance en toute curation. Et là où l'empirique a défaut de conseil, le rationnel est dirigé par ces trois petits mots dorés, desquels dépend l'ordre et méthode de procéder en icelles dispositions. Les symptômes, en tant qu'ils sont symptômes , ne donnent aucune indication , et ne changent l'ordre de curation : pour-ce qu'en ostant la maladie qui est cause du symptôme , iceluy est osté : car il dépend dicelle , comme l'ombre du corps : combien que sonnent nous sommes contraints de laisser la maladie en cure irreguiiere, pour subuenir aux accidens de la maladie, lesquels s'ils sont vrgens , tiennent le lieu de la cause , et non proprement des symptômes.
Pour conclusion, toutes lesdites indications ne sont que pour venir à deux fins , c'est à sçauoir, rendre la partie en sa température naturelle , et que le sang ne pèche ny en quantité ny en qualité. Cela fait , comme dit Galien > , rien n'empeschera que la régénération de la chair et vnion de l'vlcere ne se face.
Mais aucunesfois il n'est possible mettre lesd tes indications en exécution , à cause de la grandeur de la playe , ou par excès et inobeïssance du patient , ou à raison de quelques autres dispositions suruenues par l'ignorance du Chirurgien, ou mauuaise et indeuë application des medicamens : pour-ce qu'au moyen de ces choses , suruiennent grandes douleurs, fleures , apostemes , gangrenés (vulgairement et abusiuement dites Estiomenes) mortifications, et souuentesfois la mort. D'auantag<' ce\ix qui reçoiuent coups d'harquebuses,
' Au 3. de sa Méthode. — A. I*.
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souvent meurent, ou bien demeurent estropiés ou mutilés à iamais '.