‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 116 sur 264 · A MADEMOISELLE DELPHINE GAY · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DELPHINE GAY

Chaque son de sa voix si chère , Et je crus que tous ceux qu'atleadrit sa prière Peut-être écouteraient mon timide soupir. Heureux qui peut comme elle , en cédant au génie,

Dans sa noble inspiration , Faire jaillir le feu de son âme agrandie

Par sa brûlante émotion !

Trop jeune , je n'ai point senti de ce délire

Les traits rapides et puissans :

Je pensais... Ma naissante lyre Ne préluda qu'à de faibles accens.

Mais si je puis me faire entendre De celui qui chérit encor la liberté ^

Si la pitié peut me comprendre ,

En vain je n'aurai pas chanté.

Vous , des talens aimable amie , Vous qu'ils ont su parer de leurs dons enchanteurs,

Vous qui des belles d'Aonie ,

Reçûtes un bandeau de fleurs, Sans vous, ah ! je le sens, l'espérance m'abuse , Long-temps , hélas ! mon nom peut rester inconnu^ Si vous le prononciez, redit par une muse ,

Il serait peut-être entendu.

Que votre voix , unie à celle de ma lyre , Soit le touchant écho de mes timides chants \ Et si l'on applaudit à mes jeunes accens ,

Page 1