SCENE PREMIERE
ZORàÏDE, INÈS, Femmes de la Heine.
ZORâIDE, après un moment de silence , relève lentement la Ictc , lai: aller son téorbe , se retourne et dit à Inès qui est près d'elle :
Fais-les sortir, Inès ; ces accords , ces accens Me font mal... je ne puis écouter plus long-temps.
(Inès s'approche des femmes ; elles sortent. Zoraïde continue.) Ciel ! mon cœur a-t-il donc usé tout son courage !
(Inès revient.) Que voulait-il me dire en pariant d'un message ?
BOABDIL
D'un rendez-vous donné ? Par un espoir fatal, L'aurait-on attiré dans un piège infernal ? Aurait-il succombé? L'infortuné peut-être Est expiré déjà sous le poignard d'un traître ; Et pour le massacrer on s'est servi de moi ! Oh ! je me sens troubler d'un invincible effroi !
INÈS
Pourquoi prolongiez-vous cet entretien funeste ? Il fallait fuir.
ZORAroE.
Le ciel , qu'ici ma bouche atteste , Sait que je le voulais , mais , inutile effort ; La prudence et l'amour sont-ils toujours d'accord P Pour la dernière fois quand on voit ce qu'on aime , On se sent arrêter par une main suprême ; Une chaîne invisible , hélas ! retient nos pas j On veut fuir, on le doit , mais on ne le peut pas !
INES.
Quand du généralif vous sortiez éperdue , Se plaignant d'une voix qu'à peine ai-je entendue , Quelqu'un (oui , c'étaient bien les soupirs d'un mourant). Quelqu'un près d'un bosquet se traînait expirant.
ZORAIDE , jetant un cri.
Grand Dieu ! mort ! et pour moi , malheureuse!
INÈS, effrayée. '
Ah ! madame !
Qu'ai-je dit ? quelle erreur a passe dans votre âme ? Remettez-vous. A peine alors le quittions-nous ; Non , ce n'était pas lui ; de grâce, calmez-vous.
ZORAIDE.
Ciel ! qui donc pouvait-cc être? Ah ! pour combler l'abîme