ACTE Iir , SCÈNE III
ZORAIDI'm troublée.
Un secret... à moi... vous?
ALY
Oui , vous allez m'entendre.
Il lie me faut qu'un mot pour me faire comprendre. Dans le généralif....
ZORAIDE, effrayée.
Ciclî
ALY
Ah ! vous devinez ; Vous voyez, rien qu'un mot , et vous me comprenez.
ZORAIDE, troublée.
Qui , moi ! qu'ainsi j'entende un secret que j'ignore ?
ALY
Oui.
ZORAIDE.
Si VOUS l'avez dit , pourquoi rester encore ? ALY.
Eh bien ! il n'est plus temps de chercher des détours ,
D'employer avec vous d'inutiles discours ;
Un tout autre secret me reste k vous apprendre.
Mais que je puisse ou non , madame, vous surprendre ^
De quelque trait qu'ici j'atteigne votre cœur,
Tâchez , si vous pouvez , d'écouter sans frayeur :
Soyez calme ; il le faut , et veillez sur votre âme.
(Il lui montre la fenêtre qui donne sur le jardin.) Hier, dans ce jardin , j'étais aussi , madame. Abcnhamet...
ZORAIDE, effrayée.
Ah ! ciel ! dites donc qu'il n'est plus i Quand un seul vous suffit, que de mots superflus !
BOABDIL
ALY
On peut juger, madame, à l'effroi qu'il inspire , L'amour... Mais calraez-TOus, il existe....
ZORAIDE, vivement.
II respire !
Est- il vrai?... parlez donc!
ALY
Décidez de son sort ; C'est à vous de choisir ou sa Tie , ou sa mort. Vous connaissez la loi qui punit l'adultère ?
ZORAIDE.
Malheureux ! osez -vous ?
ALY
Où prouver le contraire ?
Quand par un imprudent votre honneur compromis, Quand au généralif Abenhamet surpris....
ZORAIDE.
Ah ! pouvez-vous... sachant qu'il ne fut pas coupable ! Attesleriez-vous bien ce parjure exécrable? Quand le ciel et mon cœur...
ALY
Qu'importe ces témoins !
Coupable ou non , madame , il le paraît du moins. Contre ceux qu'on accuse on croit à l'apparence : Impossible à prouver, qu'importe l'innocence !
ZORAIDE, indignée.
Ah 1 sortez à l'instant , ou j'appelle....
ALY
Sortir !
Et vous ne savez pas où je veux eu venir.