AS. A. R. MADAME, DUCHESSE DE BERR
Incertain des baisers d'Auster ou de Zéphire , Inhabile pilote , au vent douteux du sort
Confiant mon léger navire , Je disais : qui l'attend de l'écueil ou du port ?
Et je cherchais aux cieux quelque brillante étoile Dont la clarté guidât mon fragile vaisseau; Mais dans l'ombre glissait ma passagère voile , Sous le dôme d'azur n'était pas un flambeau.
(1) Comme je l'ai dit dans les Mémoires, M. Gnizot ne fut point insensible an cri ponssé par le cœur de ma bonne fille.
(2) Les points marqnent les endroits où était la prose.
MÉLANGES. l^'j'5
Et moa âme docile à l'effroi du naufrage, Infidèle à l'espoir ne rêvait qu'un écueil , Plus avançait l'esquif, plus fuyait le rivage ,
Chaque souffle était un orage ,
Chaque flot était un cercueil.
Quand votre influence propice (i) , Combattant mon destin peut vaincre sa rigueur, Daignez de mes projets devenir la complice , Avec moi conspirer ma gloire et mon bonheur !
Et lorsque je livre ma voile
Au vent capricieux du sort , Daignez être pour moi la salutaire étoile Dont la clarté me guide et me conduise au port !
Elisa Mercoeur.
Avril 1828.
(1) On sera sans doute étonné que la dernière strophe de la pièce ci dessus ait eu un double emploi , el que celte pièce ne soit pas par ordre de date dans ce volume ; mais tout élonnement cessera quand on saura qu'il était imprimé depuis long-temps lorsque je l'ai trouvée , ce qui m'a obligée de la placera la fin, et qu'ayant dans la mémoire la strophe dont je viens de parler et que je croyais être un à propos qui terminait ce qn'Elisa avait adressé à la princesse de Bagration à l'occasion de la lecture de sa tragédie , je l'ai placée où on l'a vue, et n'ai reconnu mon erreur qu'en trouvant les vers que l'on vient de lire.