‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de NantesChapitre 11 sur 72 · NOTICE SUR QUATRE AMOURS. XI · texte numérisé non relu

NOTICE SUR QUATRE AMOURS. XI

Russe que vous avez rencontré chez moi , et qui est grand admirateur de votre talent.... Il se trouve bienheureux de pouvoir vous en faire hommage ; mais il regrette beaucoup d'être privé du plaisir de vous l'offrir luimême. Il sort de chez moi ; il vient de m'apprendre que , par ordre de son souverain, il est obligé de quitter Paris sous quarante4iuit heures , et la France sous huit jours. Si vous voulez lui écrire un mot de remercîment , vous le donnerez à mon domestique qui va venir vous apporter le portefeuille. Voici l'argent que j'en ai retiré; c'est bien peu, je le sens, pour parer à la dépense que nécessite chaque jour la maladie de votre maman et aux dettes que cette maladie vous a forcée de contracter; mais, pour pouvoir placer promptement les billets, j'ai été obligée de les mettre à bas prix; car en les portant à un prix plus élevé , il m'aurait fallu plus de temps pour les placer, et vous ne pouviez attendre, puisque votre mamaii souffrait... Et elle me remit 226 francs...

i^B. iiunCE SLR QUATRE AMOURS.

Puis, comme pour échapper aux élans de ma reconnaissance, elle me dit : — Allons maintenant près de votre bonne mère lui apprendre ce que M. Guizot vient de faire pour vous...» Dès que nous fûmes près de maman , madame Récamier l'embrassa , prit ses mains si brûlantes de fièvre, les pressa dans les siennes et parvint , par ses pieuses exhortations et par la promesse qu'elle lui fit de ne pas m'abandonner , à ranimer un peu le courage de ma pauvre mère qui fléchissait toujours devant la pensée de me laisser, après sa mort, exposée à tous les dangers qui entourent une jeune fille lorsque la gêne est la seule perspective qu'elle ait dans son isolement... Madame Récamier voyant combien maman s'affligeait à l'idée des privations que m'imposait sa maladie, se hâta de lui apprendre que M. Guizot venait de rétablir ma pension au taux qu'elle était du temps de M. de Martigaac ; mais elle ne lui dit rien de ce qu'elle venait de faire elle-même, car madame Récamier fait le bien et se tait ; c'est

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