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ment , l'emporta sans laisser à Elisa l'argent de ses deux manuscrits, et depuis lors ne retint plus... Les jours et les semaines s écoulant sans voir reparaître le monsieur, nous pensâmes qu'il lui était arrivé quelque accident. Comme nous ignorions à quelle imprimerie s'imprimait le journal , nous demandâmes son adresse à beaucoup de libraireséditeurs, mais aucun ne savait sa demeure, car il ne la disait à personne.. . Enfin Elisa se décida à écrire à l'éditeur du journal , pour lui demander son argent ou ses manuscrits; n'en ayant point de réponse, elle comprit que ses deux manuscrits étaient perdus pour elle. Elle a eu un véritable chagrin de la perte de son JeuneChèvrier, c'est le titre de son conte; il y avait des situations charmantes et des plus dramatiques. Aussi je regrette beaucoup de ne pouvoir le joindre aux œuvres. Le même inconvénient serait arrivé pour la petite nouvelle, si la personne à qui elle l'avait dédiée ne lui avait envoyé le manuscrit dont elle lui avait fait hommage. C'est cette petite
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nouvelle qui commence le volume de nouvelles el de contes , le second des œuvres.
Je ne ferai aucune réflexion sur le procédé decemonsieur, seulement je dirai qu'il pleurait à chaudes larmes lorsqu'Elisa lui racontait nos infortunes et toutes les angoisses qu'elle avait souffertes ; et que l'on m'a assuré qu'à la mort de ma pauvre enfant, il s'était présenté dans plusieurs maisons , qu'il était porteur de deux listes , l'une pour le tombeau de ma fille et l'autre pour ses œuvres; qu'il a, dit-on, reçu beaucoup de signatures et même de l'argent. Je déclare donc que je n'ai point autorisé la démarche de ce monsieur que je n'ai pas revu depuis i832 , et que je ne connais d'autres souscripteurs que ceux dont j'ai joint les noms aux œuvres.
Elisa , tout en regrettant son conte du Jeune Chévrierj travaillait activement à son roman de Quatre Amours. Ce fut à cette époque que les éditeurs des Heures du Soir publièrent sa Comtesse de Villequier , dont
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le succès changea tout à coup notre situation par toutes les demandes qui lui furent adressées... Dans l'espace de quelques mois, Elisa gagna i ,200 fr. qui nous mirent à même de payer presque tout ce que nous devions, puisqu'il ne nous resta d'autres dettes que 600 fr. à notre marchand de meubles. Et ce créancier -là était trop délicat pour nous faire la moindre peine : car il savait bien , lui, que lorsque nous ne lui donnions pas d'argent , c'est que nous ne le pouvions pas, ce bon M. Deville (1). Combien Elisa lui savait gré de ses procé dés à notre égard !. . . Elisa tenant à remplir les engagemens qu'elle contractait avec les éditeurs, écrivait et nouvelles et romans, car elle en avait vendu deux à M. Charpentier (2). Ainsi qu'elle l'avait prévu, elle obtint facilement de madame
(i) M. De-ville , tapissier, rue de la Chaussée-d'Antin , au coin de la rue de ProTence.
(2) Depuis la mort d'Elisa , J'ai rendu à M. Charpentier 400 fr. qu'il lui avait avancés sur son roman de Quatre Amours.