LA PECHE
Charles n'a de bonheur que les instans qu'il passe près de Colette... Colette est devenue mère une seconde fois... L'abbé de Saint-Jean-d'Angely est devenu le conseil de Charles et de Colette ; il ne quitte plus les amans...
Louis XI s'applaudit chaque jour d'avoir rais sa confiance en de Versois...
Colette vient de mourir après avoir mangé
la moitié d'une pêche que lui a présentée de Versois et dont elle a fait manger la moitié à Charles... Colette a nommé Tabbé son exécuteur testamentaire et tuteur des
deux filles qu'elle a eues de Charles
Charles est dans un désespoir affreux. Il est inquiet pour lui-même; il tombe dans une grande langueur... Louis XI lui écrit qu'il faut offrir sa peine à Dieu, qu'il lui reste un frère qui l'aime. Louis envoie une relique à Charles.
{ Expose du plan du chapitre XX qui devait faire partie do Louis XI el te Bénédictin.)
MAITIIL JEA\.
Louis XI aime à pénétrer dans l'intérieur des maisons ; il va souvent dîner et souper chez les bourgeois ; il se mêle de leur mariage et veut être parrain de leurs enfans...
Louis, qui aime à s'instruire, invite des étrangers à sa table ; il y admet même des marchands qui lui donnent d'utiles notions sur le commerce. L'un d'eux, nommé maître Jean, que Louis XI fait souvent manger
avec lui, voyant les bontés du roi, lui demande des lettres de noblesse; le roi les lui accorde... La première fois que le nouveau noble reparaît devant Sa Majesté, Louis n'a pas l'air de le regarder; maître Jean se plaint d'un accueil si différent de celui qu'il reçoit ordinairement... Quand Louis faisait asseoir maître Jean à sa table, il le regardait comme le premier de sa condition ; mais il en est devenu le dernier, et Louis ferait injure aux autres s'il le traitait comme eux.
(Eiposé (In plan ilu chapitre XXI qui devait faire partie de Louts'^XI et le Bénédictin.)
LA PREDICTIOIV.
On est plus disposé à compatir aux souffrances des autres lorsque soi-même on souffre au cœur... Un astrologue ayant pré. dit le jour de la mort d'une femme que Louis XI aimait, la prédiction setant réalisée, soit que le hasard ou l'astrologue se fussent chargés de l'accomplir, Louis XI, furieux, fait venir ce! homme, et lui dit : « Toi qui prévois tout, nue! jour mourras-tu?... » L'astro-
logiie jugeant au ton du roi ce qu'il doit craindre, lui répond tranquillement : -Je mourrai trois jours avant Votre Majesté (i). * Et le roi met tous ses soins à prolonger la vie de cet homme.
« Ohl combien, se dit-il, Charles doit souffrir de la mort de Colette de Monsoreau ! « Et il plaint Charles.
(i) Ce fut par une réponse de ce genre que Coittier, son médecin, sut se Faî-sujetlir. Louis lui donn;) des sommes énormes.
T.\f)05c Jij plan un clia|>ttrc XXII qui devait faiip fiartic île f-Oiils \lel le Dénilitictin.)
LA SALUTATIOIX AAGÉLIOLE.
Louis XI ne néglige aucun des avis qu'il reçoit; il donne des ordres secrets pour tenir les troupes en état sans les faire sortir de leurs quartiers. Louis, qui fait tout pour fomenter la guerre dans les états de ses voisins , fait tout pour conserver la paix dans les siens; mais, en cas d'attaque, il faut qu'il puisse se défendre... Quoique la trêve que Louis a signée avec les ducs de Bourgogne
LOUIS XI ET LE r.tNÉDICTIN. ^Hq
et de Bretagne ne soit point expirée , il sait qu'ils font des préparatifs de guerre, que les vaisseaux du duc de Bretagne sont prêts à sortir des ports de Brest et de Saint-Malo, et que le duc de Bourgogne met ses armées sur le pied de guerre.
Louis apprend par ses espions que le duc de Bourgogne a envoyé à Rome pour solliciter du Pape des dispenses nécessaires pour marier Marie de Bourgogne, sa fille, au duc de Guyenne... Louis dépêche vers Sixte IV deux membres du parlement avec un engagement de ne jamais rétablir la pragmatique si le Pape refuse les dispenses que le duc de Bourgogne lui demande, ou si, les ayant déjà données, il les annuité.
Louis XI, qui voit le duc de Guyenne prêt à tourner ses armes contre lui , fait dire au prince qu'il est prêt à renouveler, sur la croix de saint Lo , le serment qu'ils y ont fait ensemble de vivre en paix.
Louis, tout en faisant des préparatifs de guerre, ordonne des prières pour la paix.
53o LOUIS XI ET LE BÉNÉDICTIN.
Comme il a une grande dévotion à la Vierge, il veut que tous les jours à midi, un genou en terre, on récite trois fois la Salutation
augélique (1).
(ij Cest Louis XI qui a établi cet usage.
(Exposa (lu plan du chapitre XXIII qui devait faire partie de Louis XI et le Bénédictin.)
EÏABLISSEME^T DES POSTES.
La santé du Dauphin donne de grandes inquiétudes à Louis XI ; voulant savoir de ses nouvelles plusieurs fois par jour, Louis établit les postes (i) sur les grandes routes du royaume et fait placer des courriers sur les
(i) C'est à l'occasion de cette maladie du Dauphin que Louis XI établit les postes en France. L'usage n'en fut d'abord que pour le roi et les princes ses alliés. Louis fit défendre de donner des chevaux aux particuliers à moins d'un ordre du grand-maître qu'il nomma à cet effet.
routes, depuis Amboise jusque dans la Beauce et le Gatinois, où il passe l'été afin d'être instruit des nouvelles du Dauphin.
Louis , rassuré sur la santé de son fils , anoblit Thomas Guillaume, son médecin ordinaire, en reconnaissance des soins qu'il lui a donnés, et s'occupe de l'accomplissement d'un vœu qu'il a fait pendant la maladie de son fils.
(Exposé du plan du cliapitre XXIY qui devait faire païUc de- Louis XI et le Bénédiclin.)