‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 153 sur 318 · CHAPITRE Y III · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y III

Dos supplices.

Les première navigateurs qui , vers la fin du quinzième siècle, abordèrent aux Canaries, étaient des Européens civilisés, sujets de Ferdinand V, roi d’Espagne. Ils trouvèrent dans ces îles les plus barbares des hommes , les Guanches , peuple si sauvage, dirent-ils à leur retour, qu’ils avaient horreur du sang et ne faisaient mourir personne. Ah! combien sont différents des Guanches certains hommes qui se donnent pour des modèles de politesse et de civilisation ! Le moindre prétexte suffit à leur orgueil pour élever des échafauds, ouvrir des prisons , prononcer des arrêts , ordonner des exécutions. Les instruments de torture, les potences, les roues, les bûchers, voilà ce qu’ils regrettent, ce qu’ils se promettent, ce qu'ils menacent sans cesse de rétablir: 011 dirait qu’ils ont soif du sang humain.

En considérant la législation de tous les peuples, Voltaire disait que les lois criminelles , faites au profit des bourreaux , semblaient avoir été écrites par eux.

Pour rendre l’obéissance plus prompte et plus aveugle, les hommes du pouvoir ont inventé des supplices qui semblent sortis du conseil des démons.

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