CHAPITRE VIII
Des prisons.
Il est un autre asile de la inisere, où l’homme abandonné de ses semblables, reste tout -à -fait étranger à la pitié publique; je veux parler des prisons.
Elles ne sont plus comme autrefois, et je me hâte de le dire, des cloaques infects où les prisonniers, resserrés entre des murs humides , couchés sur la terre froide et mouillée, avaient pour toute nourriture vingt-deux onces d’un pain noir, et pour breuvage une eau fangeuse; où le pouvoir jetait indifféremment et pêle-mêle le débiteur inexact , 1 étourdi contrevenant à quelque ordonnance de police, le voleur, et l’assassin couvert du sang de sa victime.
Qu’importait alors à l’autorité souveraine que l’inexpérience et le malheur vécussent dans une atmosphère corrompue par les exhalaisons contagieuses d’hommes vieillis dans le crime et abrutis dans la honte ? n’existait - il pas des châteauxforts, et de nobles prisons d’état pour les gentilshommes ?
Cet affreux abandon a cessé ; ou est tout près de