‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 298 sur 318 · GÉNIE DES GAULOISES · texte numérisé non relu

GÉNIE DES GAULOISES

et le Dieu de Clotilde emprunta sa voix pour établir une religion de paix dont cette reine charmante était l’image et l’apôtre.

Batilde , dont la vie est si romanesque , cette jeune esclave que tous les historiens ont surnommée la Belle, honora par des vertus adorables le trône où l’avait élevée le second des Clovis; et quand la mort prématurée de ce prince laissa le sceptre entre ses mains, quel roi se montra jamais plus digne de le porter?

Si je disais que dans ces temps on trafiquait des Israélites comme des bêtes de somme, et qu'un roi, luttant seul contre la barbarie de son siècle, abolit cet infâme trafic; qu’il supprima la moitié des impôts, qu’il força les évêques à ne point vendre les choses saintes, qu’il soulagea le peuple et fit bénir son régne; le lecteur serait surpris de ne point connaître le nom de cet Henri IV de la première race. Ce monarque était Batilde.

La nation a gardé l’honorable souvenir de cette reine Blanche, dont un poète du temps a dit si singulièrement :

Candida , candescens , candore , et cordis et oris.

Il est impossible de rendre exactement en français le charme de ces consonnanccs, mais on peut traduire par ces mots le sens de ce vers du moine Bigore : Son cime est blanche comme son sein, et rien

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