DES FEMMES AU TEMPS DE LA CHEVALERIE
trace de bonté, de générosité, de grandeur, se montre de loin à loin à ces tristes époques, c'est presque toujours à l’intervention d’une femme qu'on doit l’attribuer.
C’est sur-tout aux siècles déplorables de cette chevalerie, si ridiculement vantés, que l’influence des femmes sur les mœurs nationales devient plus nécessaire et plus sensible : l’amour se mêle au fanatisme pour en adoucir les fureurs; la galanterie dans les mœurs en polit la grossièreté.
Les forteresses féodales hérissaient le sol , mais la beauté quelles renfenn aient imposait des devoirs aux guerriers qui les défendaient et à ceux qui voulaient s’eu rendre maîtres: c’était peu de combattre, il fallait vaincre; c’était peu de vaincre, il fallait plaire, et l’on ne plaisait aux femmes de ce temps-là qu’avec de la valeur, de la franchise et de la gaieté.
La vengeance et la haine régnaient sur-tout dans les lieux d’où les femmes étaient bannies; aussi Pépin d’Héristal ne trouva-t-il d’autre moyen de rendre la paix à un couvent de jeunes moines, que la discorde était au moment d’ensanglanter, qu’en mettant sa maîtresse Ainazène à la tête de ces bons religieux.
Au milieu des croisades, sur la terre infidèle où leurs femmes ne les avaient pas suivis, celles-ci ne furent point étrangères à la conduite des guerriers français dans la Palestine.