ESSAI SC II LA POÉSIE
Pour moi le temps semble, dam ta vitessr , Compter iletu foi* le* jour* que j’ai perdus. Survivez-moi ; mai* que l'agr pénible Vous trouve encor fidèle à me* lerous ;
Et bonne vieille, au epin d'un feu paisible.
De votre ami répéter 1rs chansous.
LÉjgiRE.
Lorsque les yeux chercheront sous vos rides Les traits charmants qui m'auront inspiré.
Des doux récits les jeunes gens avides Diront : Quel fut ret ami tant pleuré?
De mou amour peignez, s'il est possible, L'ardeur, l’ivresse, et même les soupçons;
Et bonne vieille, an coin d’un feu paisible.
De votre ami ré|iéicz les chansous.
On vous dira : Savait-il être aimable?
Et sans rougir, vous direz : Je l'aimais.
D'un trait mérhant se montra-t-il coupable?
Avec orgueil, vous répondrez : Jamais.
Ab ! dites bien qu'amoureux et sensible,
D'un luth joyeux il attendrit les sons ;
Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible.
De votre ami répétez les chansons.
Vous que j'appris à pleurer sur la France, Diics sur-tout aux fils des nouveaux preux.
Que j'ai chanté la gloire et l'espérance Pour consoler mou pays malheureux.
Kappelcz-leur que l'aquilon terrible De nos lauriers a détruit ringt moissons ;
Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible.
De votre ami répétez lîs chansons.
Objet chéri , quand mon renom fntile De vos vieux ans charmera les douleurs ;
A mon portrait , quand votre main débile , Chaque printemps, suspendra quelques fleurs ; Levez les yenx vert ce monde invisible Où pour toujours nous nous rénnissons ;
ESSAI SUR LA l'OÉSIE LÉGÈRE. 43
El bonne vieille , au coin d'un feu paisible,
De votre ami répétée les chansons.
La chanson de boudoir appartient an genre érotique ; on y peint en habit de cour l’amour libertin du grand inonde; et le jargon sentimental qu’on y emploie n’est que la parure indécentî des nudités qu’il feint de couvrir. Collé est le père dtA chanson de boudoir, dont je ne trouve pourtant que deux exemples dans le recueil complet de ses chansons qu'on a bien fait de publier en 1807. Je donne la préférence à la complainte d'une femme à sentiment sur l'arrangement if une dame de cour, par la seule raison que la première appartient plus particulièrement à l’espèce.
Al R : De mon bercer volage.
Dans le siècle où nous sommes .
Qn'ou aime faiblement !
L’on ne peut chez les hommes Trouver de sentiment ;
Tircis n'est point volage ,
Mais son cœur est usé ;
Se peut-il qu’à son âge Un coeur soit épuisé?
Tu jures que tu m'aimes ;
Mais c'est si froidement !
Tircis , tes serments même»
redoublent mon tourment.
Laisse le vain langage Des serments superflus ;
Aime-moi davantage,
Et ne le jure plus.
Quels destins sont les nôtres !
Pourquoi suis-tu mes pas?
Tu n'en aimes point d’autres.
Mais tu ne m'aimes pas.
Quand tou ctrur léthargique N’est |*lus sensible k rien ,
Ingrat , ce qui me pique C'est que je sens le mieu.
Comment! rien ne ranime Tes désirs languissants ! . . .
Ce n’est pas que j’estime Les vains plaisirs des sens ; Mais que tou cœur s’enflamme Du moins par mes transports !.
Eh quoi ! même ton ame A perdu ses ressorts !
Entre plusieurs chansons de ce Genre, où M. de Longchamps ine paraît avoir surpassé Collé, je citerai