‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Poésies légèresChapitre 25 sur 136 · LE VIEUX MÉNÉTRIER · texte numérisé non relu

LE VIEUX MÉNÉTRIER

Ain: Cest un tanta laderirettt.

Je ne suis qu’un vieux bon homme.

Ménétrier du hameau ;

Mais pour sage on uic renomme ,

Kl je bois mon vin sans eau ;

Autour de moi sous l’ombrage Accourez vous délasser;

Eh ! Ion Ion la , gens de village ,

Sous mon vieux chêne il faut danser.

Oui , dansez sous mon vieux chêne,

Cest l'arbre du cabaret ;

Au bon temps toujours la haine Sous ses rameaux expirait;

Combien de fois son feuillage Vit nos aïeux s'embrasser !

• Cette chanson n'appartient que par la forme au genre villageois. L auteur a voulu y peindre un ancien noble, dégagé de tous les préjugés de sa caste, et sans fiel contre un bien-être général, acquis aux dépens de son bonheur particulier.

Eh ! Ion Ion la, gens de village,

Sous mon vieux chêne il faut dauscr.

Du château plaignez le maître,

Quoiqu'il soit votre seigneur;

11 doit du caltnc champêtre Vous envier le bonheur.

Triste au fond d’un équipage.

Quand là-bas il va passer ,

Eh ! Ion Ion la , gens de village.

Sous mon vieux chêne il faut danser.

Loin de maudire à l'cglise Celui qui vit sans cure ,

Priez que Dieu fertilise

Son grain, sa vigne, et son pré ;

Au plaisir s’il rend hommage ,

Qu’il vienne ici l'encenser.

Eh ! Ion Ion la, gens de village ,

Sons mon vieux chêne il faut danser.

Quand d’une faible charmille Votre héritage est fermé.

Ne portez plus la faucille Au champ qu’un antre a semé.

Mais sûrs qne cet héritage A vos fils devra passer ,

Eh ! lou Ion la , gens de village ,

Sons mon vieux chêne il faut danser.

Quand la paix répand son haume Sur les manx qr.’on endura ,

N’exilez point de son chaume L’aveugle qui s’égara.

Rappelant après l’orage Ceux qu'il a pu disperser ,

Eh! Ion Ion la, gens de village.

Sous mon vieux chêne il faut danser.

écoutez doue le bon homme ,

Sous son chêne accourez tous.

De pardonner je tous somme ;

Mes enfants , cmbrassrz-vou*.

Pour voir ainsi , d’âge en âge,

Chez nous la paix se fixer.

Eh ! Ion Ion la , gens de village.

Sous mon vieux rliêue il faut danser.

La ronde appartient parla forme à la chanson villageoise, bien qu’elle s’en écarte le plus souvent par le fond des idées. Celle que je vais citer, composée en 1814, est à-la-fois historique et patriotique. Au talent d’exécution, et au sentiment qui l’a inspirée, on ne saurait en méconnaître l'auteur.

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