LE VIEUX MÉNÉTRIER
Ain: Cest un tanta laderirettt.
Je ne suis qu’un vieux bon homme.
Ménétrier du hameau ;
Mais pour sage on uic renomme ,
Kl je bois mon vin sans eau ;
Autour de moi sous l’ombrage Accourez vous délasser;
Eh ! Ion Ion la , gens de village ,
Sous mon vieux chêne il faut danser.
Oui , dansez sous mon vieux chêne,
Cest l'arbre du cabaret ;
Au bon temps toujours la haine Sous ses rameaux expirait;
Combien de fois son feuillage Vit nos aïeux s'embrasser !
• Cette chanson n'appartient que par la forme au genre villageois. L auteur a voulu y peindre un ancien noble, dégagé de tous les préjugés de sa caste, et sans fiel contre un bien-être général, acquis aux dépens de son bonheur particulier.
Eh ! Ion Ion la, gens de village,
Sous mon vieux chêne il faut dauscr.
Du château plaignez le maître,
Quoiqu'il soit votre seigneur;
11 doit du caltnc champêtre Vous envier le bonheur.
Triste au fond d’un équipage.
Quand là-bas il va passer ,
Eh ! Ion Ion la , gens de village.
Sous mon vieux chêne il faut danser.
Loin de maudire à l'cglise Celui qui vit sans cure ,
Priez que Dieu fertilise
Son grain, sa vigne, et son pré ;
Au plaisir s’il rend hommage ,
Qu’il vienne ici l'encenser.
Eh ! Ion Ion la, gens de village ,
Sons mon vieux chêne il faut danser.
Quand d’une faible charmille Votre héritage est fermé.
Ne portez plus la faucille Au champ qu’un antre a semé.
Mais sûrs qne cet héritage A vos fils devra passer ,
Eh ! lou Ion la , gens de village ,
Sons mon vieux chêne il faut danser.
Quand la paix répand son haume Sur les manx qr.’on endura ,
N’exilez point de son chaume L’aveugle qui s’égara.
Rappelant après l’orage Ceux qu'il a pu disperser ,
Eh! Ion Ion la, gens de village.
Sous mon vieux chêne il faut danser.
écoutez doue le bon homme ,
Sous son chêne accourez tous.
De pardonner je tous somme ;
Mes enfants , cmbrassrz-vou*.
Pour voir ainsi , d’âge en âge,
Chez nous la paix se fixer.
Eh ! Ion Ion la , gens de village.
Sous mon vieux rliêue il faut danser.
La ronde appartient parla forme à la chanson villageoise, bien qu’elle s’en écarte le plus souvent par le fond des idées. Celle que je vais citer, composée en 1814, est à-la-fois historique et patriotique. Au talent d’exécution, et au sentiment qui l’a inspirée, on ne saurait en méconnaître l'auteur.