COUPLETS IMPROMPTU
a l’occasion de ma sortie de prison,
Et chantés à la suite d'un banquet que nous dounèreut quelques amis. Le >3 mai i8j3.
Des jours de ma captivité J’ai compté la trentième aurore :
Vieux amant de la liberté,
Je recouvre un bien que j’adore; Mais pour en jouir avec vous ,
S’il faut, abjurant vos lumières, Louer les méchants et les fous,
Ab! qu’on me ramène aux carrières.
S’il faut de la patrie en pleurs Repousser la plainte héroïque;
S’il faut à ses vrais défenseurs Ravir leur couronne civique ;
Si du parti de l'étranger Il faut arborer les bannières;
S’il faut craindre un noble danger.
Ah ! qu’on me ramène aux carrières.
Si, pour honorer les cachots, Thémis, transformée en furie, Entassait dans ses noirs caveaux
Talents, vertus, gloire, génie;
Si l’erreur ou la trahison
Des lois renversaient les barrières;
Si Kœklin allait en prison ,
Ah ! qu'on me ramène aux carrières.
POESIES EÉGÉHES.