AC AU
Solitude immense et profonde!....
Par-tout le silence et l’effroi !....
Plus d’espoir.... je suis seule au monde :
Que dis-je! hélas! mon fils est avec moi.
Mon fils! ô douleur accablante !....
Le sommeil un moment a suspendu ses maux;
Mais bientôt une soif brûlante,
Et des vents du désert l’haleine dévorante Vont l’arracher à ce fatal repos.
( Elle s'approche de lui, et le regarde avec attendrissement. ) Que ses traits sont changés! qu’il respire avec peine! Couché sur une ardente arène Qu’embrasent les feux du midi,
Vainement de mon corps je lui prêle l’abri.
Al H.
Seul témoin des maux que j’endure.
Dieu de clémence et de bonté,
Mon cœur supporte sans murmure Le malheur que j'ai mérité :
i 9 8 POÉSIES LÉGÈRES.
Punis uni coupable imprudence;
Sous la main de ta providence Je courbe un front religieux;
Mais de mon fils soutiens l’enfance ,
Et que les jours de l'innocence Trouvent grâce devant tes yeux.
ismael, se réveillant.
Ma mère !
AGAO.
il s’éveille !
ISMAEL
J’expire
Si tu n’éteins le feu qui brûle dans mon flanc;
Une goutte d’eau peut suffire.
AG a n.
Je la paierais de tout mon sang.
Hélas! mon cher enfant, de cette terre aride J'ai, durant ton sommeil, sondé la profondeur;
En vain mon œil avide
D’une plante, d'un fruit, ou d'une feuille humide, Chercha sur ce rocher le secours bienfaiteur.