ACTE I, SCÈNE III. a
Jugez de mon bonheur extrême;
II m’unit au héros que j'aime,
Et d’un plaisir si pur fait un devoir sacré.
DUO
Qu’il est doux de pouvoir se dire :
La gloire autorise mon choix !
Ce guerrier que l’Espagne admire ,
L’honneur, le soutien de l’empire,
L’hymen l’enchaîne sous mes lois !
ALMANZOR
Qu’ü est doux de pouvoir se dire :
L’univers envierait mon choix !
La beauté que l’Espagne admire ,
L'amour, l’ornement de l’empire ,
M’enchaîne sous ses douces lois!
NORAÏME.
A mes vœux tout rit, tout conspire :
D’où vient qu’une vaine terreur Agite et tourmente mon cœur?
ALMAtîtOB.
D’où naît le trouble de ton cœur?
NORAÏME.
Des fiers Zégris la jalousie Me cause un invincible effroi.
ALMANZOR
Mon bonheur afflige l’envie.
NORAÏME.
Elle peut s’armer contre toi.
D’AIemar tu connais la haine?
ALMANZOR
11 en abjure les transports.
248 LES A B EN CF, RAGES
NOB AÏME.
Du roi la volonté l'enchatne;
Il dissimule avec efforts.
ALMANZOit.
Noraïme , amante adorée ,
Souris à ton heureux époux ,
Et, de ta crainte délivrée,
Abandonne ton coeur au charme le plus doux.
Non AÏME.
Oui, de ma crainte délivrée,
J'abandonne mon coeur au charme le plus doux. ENSEMBLE.
Qu'il est doux de pouvoir se dire:
L'univers envierait mon choix !
J'enchaine sous mes douces lois,
L’amour, l'ornement de l’empire !