ACTE II, SCÈNE VI
Et nous demande une victime Que lui dispute notre amour.
( Il va prendre sa place vis-h-vis les vieillards, Almanzot entre accompagné d’Alamir , de Kaled, et de son écuyer, qui porte ses armes. )
A B D E 11 A M E , chef du conseil.
Noble et vaillant Abencerage,
Grenade, qui chérit tes vertus, ton courage,
A remis en tes mains le signe révéré.
Garant de sa puissance ;
Alman/.or, tu devais mourir pour sa défense :
Qu’as-tu fait du dépôt sacré?
ALMAKZOR.
J'ai vaincu ; j'ai rempli tous les vœux de la gloire : l.a nuit, témoin de ma victoire,
L’est aussi d’un malheur que je ne conçois pas. Triomphante, l'armée entière A salué notre sainte bannière.
Je la portais moi-même au milieu des combats :
Octaïr au retour fut commis à sa garde ,
L’ombre couvrait encor les deux ;
Nous marchons, le jour naît, j'appelle , je regarde : Octaïr, l'étendard , rien ne s'offre à mes yeux.
ALEMAR.
Ainsi donc loin de toi pour détourner l’orage D’un illustre Zégris tu flétris le courage.
Tu l’accuses de trahison?
ALM ANZOIt,
Et peut-être plus loin je porte le soupçon !
ABDERAME.
Quelle preuve autorise un semblable langage?