ACTE II, SCÈNE III. a
Dispose de mes jours , je te les sacrifie :
Je dois compte des tiens aux dieux, à la patrie;
Et, parmi les périls qu’il m'est doux de braver,
Ta gloire est tout pour moi , je la veux conserver.
AIR
Les dieux prendront pitié du sort qui nous accable;
Ils ont jeté sur nous un regard favorable.
Fille du ciel, idole de mon cœur,
Sois à jamais l’arbitre de ma vie;
Un seul de tes regards est pour moi le bonheur;
Va, c’est aux immortels à nous porter envie :
Que puis-je desirer auprès de Julia?
JULIA
Auprès de celle qui t’adore,
Qui frémit de t’aimer en le jurant encore...
LICIN IUS.
Vénus un jour nous unira;
C’est elle que mon cœur atteste.
julia, regardant F autel.
Eloigne-toi de cet autel funeste,
Le feu pâlit.
( Julia monte sur [autel, attise le feu. Licinius s'agenouille au pied de [autel. )
LICINIUS
Chaste divinité,
Dissipe un sinistre présage.
Tout]mon crime, Vesta, c'est d’aimer ton image,
Et nos feux ont des tiens toute la pureté.
F.ySEMDLE.
L’amour qui brûle dans notre ame
LA VESTALE
Ne saurait être criminel;
Nous avons épuré sa flamme Eu l'allumant sur ton autel.
JULIA
La fille de Saturne entend notre prière :
De l’autel embrasé l’éclatante lumière Signale autour de nous la céleste faveur.
L1CINIUS.
Ah ! je ne doutais pas d’un pouvoir que j’adore.
Quel dieu , quand Julia l’implore ,
Pourrait, en l’écoutant, conserver sa rigueur!
julia descend de t autel , et s’approche de Licinius. Au bonheur je viens de renaître;
Du passé je n'ai plus qu'un faible souvenir.
Un nuage à mes yeux s’étend sur l’avenir,
Et l’instant où je suis réunit tout mon être.
Quel trouble !
DUO
Quels transports !
JULIA
Je suis auprès de toi.
LICINIUS
De tes regards mon cœur s’enivre;
Sur cet autel sacré viens recevoir ma foi.
JULI A
A l’amour mon ame se livre;
Sur cet autel sacré viens recevoir ma foi .
ENSEMBLE
Dans l’ivresse du bien suprême.
J'oublie et la terre et les dieux.