PRÉAMBULE
La fable fie Zirphile et Fleur rie Myrte esl tout entière d’invention. Elle repose sur les données de eetle invthnlogie cabalistique, trop dédaignée parmi nous, et qui ne manque ni de charme ni d'éclat.
Pope , en la consacrant dans le joli poème de la Boucle de cheveux, et H’iiland, en la mêlant aux bizarreries de son poème d'Obéron et Titania, ont tiré un parti assez heureux fie quelques unes des idées originales nées de cette nouvelle mythologie. Cependant ils ont plutôt effleuré que traité le sujet dont ils'avaicnt senti le mérite. Leurs sylphes, jeurs ondins, leurs gnomes n’intéressent pas assez. Les écrivains n’ont pas su, comme les poètes grecs, prêter des passions, une intelligence, des sens déliés, et une ame à leurs créations aériennes.
C’est peut-être, après tout, le barbare Shakespeare, qui a traité avec le plus de délicatesse ce genre de poésie inconnu aux anciens. Le sort de cet écrivain plus célèbre qu’apprécié en France est assez étrange; on l’estime pour ses défauts; on ne connaît point son guérite. L’extravagance gigantesque de son style tragique a obtenu d'intarissables éloges: ce n’est point sous ce rapport que je le crois digne de tant d'admiration; c’est par la sagacité, la pénétration, la finesse, c’est par la vérité de l’observation, qu’il mérite de prendre place au rang fies plus grands poètes de tous les pays et de tous les temps. Non seulement il a ces qualités, mais il en a aussi les défauts: scs idées sont souvent trop déliées; le concetti lui est familier; et, flans les écarts nombreux de son mauvais goût, il se rapproche plus sou-