SCÈNE I
MÉROVÉE, LOVIS, sous l'habit de soldats romains; on les voit arriver sur une barque, et descendre des rochers pendant la ritournelle.
MÉROVÉE
Arrêtons-nous, Lovis... Je reconnais ces lieux,
Ces grands bois, ces torrents, ce rocher solitaire. LOVIS.
Quel est cet étrange mystère?
Où portons-nous nos pas audacieux?
Fils du vieux roi des Francs dont l’invincible armée Menace à-Ia-fois Rome et la Gaule alarmée,
36o VELLEDÀ.#
Loin du camp paternel, sous l'habit des llomains,
A travers les vents, les orages,
Pourquoi braver sur ces rivages Des ennemis nombreux et des périls certains?
MÉBOVÉE.
Fidèle ami de Mérovée,
Il est temps de t’ouvrir mon cœur,
Et d'instruire enfin ta valeur Du projet téméraire où je l’ai réservée.
Tu te souviens, Lovis, de ce combat fameux Où séparé des miens, dans ma course incertaine,
Seul , fuyant à regret devant l'aigle romaine,
Je poussai dans les flots mon coursier généreux. Pendant troisjourscesbois m'ont caché sous leurs ombres; Mais privé de secours, dans ces asiles sombres,
Et de la mort n'ayant plus que le choix,
J'allois périr sous le fer des Gaulois.
Une femme.... ici même.... O souvenir céleste !
Apparaît comme une ombre au sommet du rocher.
Ma plainte émeut sa pitié que j'atteste;
Et tremblante vers moi je la vois s’approcher.
Ain.
J'ai franchi la voûte éternelle;
Au sein d’un glorieux repos Je crois voir la vierge immortelle Que Thniston promet aux héros.
Sa parole magique Assoupit ma douleur;
Son regard prophétique Est déjà le bonheur.
Près d’elle mon ame ravie