SCÈNE I
VELLEDA, seule.
Le torrent qui mugit au fond de la vallée Ebranle des sapins la tête échevelée.
Et l'oiseau des écueils pousse un cri de douleur.
Les ombres des guerriers dans leurs tombeaux gémissent, Les armures frémissent...
Le ciel nous annonce un malheur.
C'en est un que ma vie, et son fardeau m'accable.
Quel souvenir!... voici l’asile redoutable
Où je fus quelques jours son gardien , son appui ;
Ces lieux sont pleins de lui.
D’une voix que mon cœur adore ,
Sous ces rochers j’entends encore Le murmure rempli d'appas.
La vue à la terre attachée,
YELLEgA.
Sur la bruyère desséchée Je -vois l’empreinte de ses pas.
D’un espoir insensé mon aine est poursuivie;
Le souffle de l’amour a consumé ma vie :
Déjà sont flétris mes beaux jours;
Cette coupable ivresse De ma lente jeunesse Abrégera le cours.
Du cyprès solitaire L’ombre éteindra mes feux :
J’aurai fait sur la terre Un rêve douloureux !
Ah! du moins, avant qu'il finisse,
Écoutons un moment de plus nobles transports; Que la gloire sourie à mes derniers efforts !
Voici l’heure du sacrifice...
Qu’ai-je entendu?... l’écho des bois A la plainte du cor a répondu trois fois.
( On enteiul le bruit du cor.