SCÈNE Y
( L’orage continue. )
MÉROVÉE, VELLEDA.
M Ê R O v É E , rf abord seul.
Je l’ai vue, et je vis encor!
Et vers la demeure éternelle Mon aine brûlante et fidèle N’a point pris son essor!
Approchons sans terreur de l'abyme où je tombe. Un seul de ses regards vient d'enchanter ma tombe,
Jeune étranger!
MÉROVÉE
Qui m’appelle?
VELLEDA.
Fuyez.
Il est de mon destin de vous sauver la vie.
MÉROVÉE
Je la perds sans regret si je meurs à vos pieds.
VELLEDA.
Elle vous est ravie Si vous tardez un seul moment.
( EUe le délie. )
Eloignez-vous.
MÉROVÉE
Que je vous fuie!
VELLEDA.
Voyez la mort.
TDÙThK. tt. II.
386 VELLEDA.
MftHOVÊF..
Je vois un plus affreux tourment, Et la mort m’en délivre.
• V ELLE DA
Vous me glace/, d'effroi.
MÉUOVÉ F.
Sans vous je ne puis vivre.
Ah ! par pitié pour moi !
M É il o v É F.
Eh hien! daignez me suivre!
ENSEMBLE
mUDi.
Je ne me connais plu*, grands dieu* !
J'ose invoquer votre colère ,
Frappez : et que votre tonnerre Ouvre ma tombe dan» ces lieux.
MÉnOVEK.
|)r mon sort je remis grâce aux dieux.
Quand vous rejetez ma prière , J'obtiens cette faveur dernière De pouvoir mourir à vos yeux.
VELLEDA.
Le ciel est embrasé, la tempête redouble.
MÉnov ÉE.
Moment cent fois heureux !
VELLEDA.
Fuyez...
Quel trouble!
Jamais.
VELLEDA.
Eli bien! avec vous...
MÉnovÉE.
Pour toujours!
VELLEDA.
Des bocages sacrés je connais les détours,