‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 2. Opéra. Tome 1 (volume 2)Chapitre 276 sur 296 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MÉROVÉE, VELLEDA, endormie.

MÉROVÉE

Des premiers feux du jour l'horizon se colore ; Qu'elle aura de plaisir à voir naître l'aurore !

Déjà de son éclat vermeil Elle a paré ces fleurs, ces prés, cette onde pure : Velleda, combien la nature Vas’embellir de ton réveil!

AIR

Quel est ce changement extrême,

Ce bonheur, ces vœux inconnus?

En vain je me cherche moi-même,

Je ne me connais plus.

Mon ame éperdue et ravie Reçoit une nouvelle vie;

A mes yeux luit un nouveau jour.

Rrillant fantôme de la gloire,

Sortez de ma mémoire,

Je n'appartiens plus qu à l'amour.

V ELLE DA. 38<J

VELLEDA : elle se réveille.

Je n’ose soulever ina timide paupière;

Je crains qu’un rayon de lumière Ne fasse évanouir ce prestige enchanteur,

Ce doux rêve d'amour où s’égare mon cœur.

Par un charme nouveau je me sens captivée.

J’ai cru reconnaître ces lieux;

Mais je n’y vois plus Mérovée ,

Hélas!

MÉKOVÉE.

11 est devant tes yeux.

Quoi! cette nuit, cette horrible tempête,

Ce sacrifice qu’on apprête,

Ces souvenirs confus d’un bonheur si parfait ,

Ne sont point du sommeil le fragile bienfait?

MÉROVÉE

Ah ! ne doute jamais d'un bonheur qui m'enchante !

La liberté, l'amour consacrent nos liens;

Nous sommes réunis.

V ELLEÜ A.

J’entends ta voix touchante.

MÉROVÉE

Tu conservas mes jours.

VELLEDA.

Tu disposes des miens.

DVO.

VELLEDA.

De ma bouche tremblante L'amour exhale les accents.

d 9 o VELLEDA.

MÉROVÉB.

Ta parole brillante Embrase tous mes sens.

A jamais régne sur mou ame.

VELLEDA.

Sois l’unique objet de mes vœux.

MÉROVÉE

Mon cœur se nourrit de sa flamme.

VELLEDA.

Je m’enivre de mes aveux.

ENSEMBLE

Tous les biens qu’on envie Sont pour moi ton amour;

J’épuise en un seul jour Le bonheur de la vie.

Par des liens si chers Quand le sort nous rassemble.

Oublions l’univers:

Au fond de ces déserts Vivons, mourons ensemble.

MÉROVÉK.

Cachons la trace de nos pas Dans cet asile solitaire.

. VELLEDA.

Les dieux, la patrie et la guerre Aux vœux de notre amour ne s’opposent-ils pas? MÉROV ÉE.

Dérobons aux mortels la trace de nos pas.

VELLEDA.

Nous pouvons vivre l’un pour l’autre!

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