LE G R AND-P R ÊT II E
O comble des forfaits ! O blasphème exécrable !
TÉL ASCO.
Où t’égare, ma sœur, une flamme coupable?
AMAZILY
Je ne m’en défends pas , et ce crime est le mien :
J’aime Cortez, j’en suis aimé ;
Amazily, par l’ainour animée,
Peut des deux nations devenir le lien.
LE GRAND-PRÊTRE
Les dieux sauront punir ta flamme illégitime.
AMAZILY
Je renonce à tes dieux qui commandent le crime,
Et le dieu de Cortez est désormais le mien.
LF, GRAND-PRÊTRE.
Prince, il est temps que l’arrêt s’accomplisse.
Qu’au milieu des tourments l’infidèle périsse.
Et nos dieux satisfaits vont combattre pour nous. AMAZILY.
jtlR.
Dieu terrible ! prêtre jaloux !
C’est moi que ta vengeance appelle !
Oui, c’est sur moi que ta main criminelle
KERNANl) COÛTEZ.
V eut appesantir son courroux ;
Triomphe! accable ta victime.
Qu’attendait le sort le plus doux :
Fidèle au devoir qui tn 'opprime,
Mon cœur s'abandonne à tes coups.
MONTÉZUM A.
De cette infortunée
Une funeste erreur n’a point détruit les droits;
A sa douleur abandonnée ,
Qu’elle reste en ces lieux sous la garde des lois.
Alvar et ses guerriers, dans leur prison profonde ,
Attendront dans les fers mon ordre souverain ;
Et nous, aux pieds du dieu qui gouverne le monde,
Allons interroger l’oracle du destin.
( Il sort. )
LB GRAND-PRÊTRE, A part. V
Il parlera !...
( Tous sortent, excepté Amazily et Télnsco. )