CI N N A
Que je te plains!
LICINIUS
C'est trop peu de me plaindre.
CINN A.
Eh ! qu’espères-tu ?
LA VESTALE
LICINIUS
Rien ; mais je suis las de craindre.
CINNA
Ne t'abandonne pas à ce fatal transport;
Songe aux lois, songe aux dieux que ton amour offense: Terrible est leur courroux, terrible est leur vengeance. LICINIUS.
Eh bien! je subirai mon sort.
Je connais le péril, j’ai mesuré l’abyme;
Et, pour m’arracher à mon crime,
Cinna, ton amitié ferait un vain effort.
De mes coupables feux telle est la violence.
Que des dieux même la puissance Ne peut à mon amour opposer que ma mort.
CINNA
J’ai montré les dangers où ta fureur s'engage ;
L’amour veut les braver, l'amitié les partage.
DUO
LICINIUS
Quand l’amitié seconde mon courage,
De quels périls pourrais-je être alarmé ?
Repousse au loin ce funeste présage ;
Vois mon bonheur, Cinna , je suis aimé !
CINNA
Puissent les dieux éloigner le présage Qui vient saisir mon esprit alarmé !
LICINIUS
Vois mon bonheur, Cinna, je suis aimé !
ENSEMBLE
Non, de ma I ■ „
, flamme criminelle
Si de ta I
secours.