CORTEZ, AMAZILY
AMAZILY
Ton frère vit encor : île l'homicide glaive J’ai suspendu les coups prêts à tomber sur lui;
Montézuma, notre dernier appui,
Voudrait sauver ses jours; il demande une trêve,
Et ses ambassadeurs vont me suivre en ces lieux.
CORTEZ
Chaque instant de ta vie est un bienfait des cieux ! AMAZILY.
Ah ! je frémis d'une crainte nouvelle !
Déjà des prêtres inhumains ,
Du dieu du mal implacables ministres.
Remplissent Mexico de présages sinistres ,
Si le sang des captifs ne change les destins.
Montézuma gémit , et redoute leur rage.
CORTEZ
Il pourrait ordonner ce sacrifice affreux !
Au ciel il ferait cet outrage?
AMAZILY
Il est faible, il est malheureux;
Il croit qu'un dieu vengeur le poursuit et l’assiège;
Il 1 ’a vu sur moi-même exercer son courroux,
Lorsque de ses autels bravant le privilège.
Fille des rois, j’osai d'un temple sacrilège Offenser les prêtres jaloux.
Tu t’en souviens : complice de ta gloire ,
FERNAND CORTEZ
Libre par tes premiers bienfaits ,
Je vins dans nos remparts annoncer tes succès, Tes lois, tes arts, ton Dieu, le Dieu de la victoire Celui du tuai trembla pour son culte odieux : J'allais périr; la mère la plus tendre,
Aux dépens de ses jours, m'arracha de ces lieux... CORTEZ.
Ah ! je la vengerai , n'ayant pu la défendre....
AMAZILY
Elle n'est plus... ! toi seul as su charmer De mes regrets la douleur solitaire ;
Je n’ai plus qu'un désir, c’est celui de te plaire; Je n'ai plus qu'un besoin , c’est celui de t’aimer. Hélas ! au salut de ton frère Que ne puis-je immoler mes jours !
J’ai , pour voler à son secours ,
L’exemple et le vœu de ma mère....
Elle n’est plus , etc.
CORTEZ
Partage mes destins, et bannis tes alarmes :
Alvar vivra; j’en crois ton amour et mes armes.