ACTE I, SCÈNE V
Dans un chemin de fleurs le repentir s'avance,
Et bientôt les plaisirs feront place aux regrets. Mes sœurs , quelles noires tempêtes Interrompent vos fêtes!
Quels coups ébranlent ce palais?
Ain.
Voyez-vous du haut des montagnes Accourir ces enfants du nord?
Au sein de nos belles campagnes Ils portent le fer et la mort.
Dans cette fatale journée,
Des chants d’amour et d'hyménée Suspendez les molles douceurs;
Aux accents de la gloire Réveillez la victoire.
De sa flamme sacrée embrasez les grands cœurs. CUOECR DU PEUPLE ET DES SAYADÉRES.
Aux accents de la gloire Réveillons, etc.
DEMALY.
Quels transports !
N A lï S É A , interromparU le chœur.
Laméa réprimez tant d’audace Sans mêler à vos jeux la crainte et la menace, Célébrez de l'hymen les paisibles faveurs.
( au Raja. )
Toi, prince, avant que ton ordre suprême Fasse connaître ici l’épouse de ton choix, Obéissant à nos antiques lois,
Tu dois du grand Wisnou ceindre le diadème.
A ce don merveilleux, à ce trésor divin ,
■ 36 LES BAYA DÊ RES
Les dieux ont de l'empire attaché le destin :
Tu connais seul l'asile inviolable Où, loin de tous les veux,
Dans un secret impénétrable,
Tes mains ont renfermé ce dépôt précieux,
Un moment aux regards dérobe ta présence,
Et le front rayonnant du céleste bandeau,
Reviens, d’un peuple heureux remplissant l’espérance, D'hymen allumer le flambeau.
(Il donne la main au Raja, qui descend lentement, fait quelques pas vers Laméa, et s'arrête près d'elle. )