SCÈNE XIII
Je ne crois pas me voir d’un œil trop favorable ,
Et cependant....
MADAME DE SURVILLE
Monsieur, vous êtes très aimable;
Pour mille dons brillants par-tout fêté, cbéri....
Mais ce n'est pas asser. pour faire un bon mari.
Il est des qualités qui sont le fruit de l’âge;
Elles seront peut-être un jour votre partage;
Mais ce temps-là pour vous n’est pas encor venu.
VICTOR
Je puis désabuser votre esprit prévenu.
J’ai mes preuves....
MADAME DE SURVILLE
Pourquoi cette tardive enquête.
Lorsque d’un autre hymen le nœud pour vous s’apprête?
VICTOR
Ce nœud, je l’ai rompu, madame.
MADAME DE SURVILLE
Je vous crois;
Mais pour ma fille enfin j’ai fait un autre choix.
VICTOR
Je conserve du moins un espoir légitime;
C’est en vain qu’on voudrait m’enlever votre estime.
Je crois la mériter; mes amis, mes parents.
Près de vous sur ce point deviendront mes garants. V’ous estimez Cerfeuil?
MADAME DE SURVILLE
Beaucoup, à plus d’un titre.
VICTOR
Eli bien , entre nous deux prenons-le pour arbitre.
•./.(i L’IlOMMK AUX UONVEXAXCES.
MADAME DE SUBVILLE.
Vous choisissez fort bien votre niédiutcur.
Prenez {jardc pourtant, car il n’cst pas flatteur.
VICTOR
N'iinportc, et si luadaine à l'instant veut permettre Qu’il s'explique....
MADA.ME DE SURVILLE
Non pas, j’aime mieux une lettre.
On regarde à deux fois à ce qu'on écrira.
VICTOR
Mon cousin me connaît; il inc justiflera.
MADA.ME. DE SURVILLE
Ce qu’on m’a dit, monsieur, de votre caractère.
Ne peut effaroucher que le cceur d’une mère;
On peut être im^onstant, prodigue, un peu joueur. Sans cesser pour cela d’être un homme d’honneur. VICTOR.
Un rival a formé le projet de me nuire.
Quel qu’en soit le succès , c’est à moi de détruire Par des faits avérés les rapports odieux Dont sa haine a voulu me noircir à vos yeux,
Et c’est à quoi je vais travailler sans relâche.
( Il sort. )