I.K.S MKME.S, OHPIIILE
SESANNE.
Monsieur Oqihile, j’avais besoin de l’aveu de madame votre tante pour vous faire part de mon bonheur; elle m’autorise à vous annoncer qu’aiijourd’hui même l’bymen nous unit l'un â l’autre.
MADAME II En BINE.
L’hymen !.... avec moi ?
V I c T O R 1 N E , (I part , à madame Hcrbine.
Vous allez tout découvrir.
MADAME IIEIIBINE.
Ah ! j’entends.
ORPIIILE.
Est-il bien vrai, ma tante? vous épousez M. de .Sesanne?
MADAME II ER BINE
Oui, mon neveu; je suis veuve depuis trente ans, et riiymen aura pour moi tous les charmes d’une nouvelle connaissance.
OHPIIILE.
Peut-être ai-je droit de me plaindre...
MADA.ME HEBBINE. ♦
A mon âge, il ne faut pas se fier uniquement aux soins de l’amitié; je m’assure ceux du devoir et de la reconnaissance, en épousant M. de Sesanne, à qui je fuis do-
3io L'AVIDE IIÉRITlElt.
niitiun entière de mes biens, {à Sesanne , à part.) Vous
voyez que je vous sers de mou mieux.
•SKSANNE.
Au lieu d’un rival, M. Orpliile , ne voyez plus en moi qu’un l)on parent, prêt à servir votre amour auprès de mademoiselle de toute l’influenee que me donne mon nouveau titre. (Tons les trois attendent avec im/uiétude la réponse d Orphilc. )
O R P H 1 1, E , avec une sensibilité affectée.
Ah, ma tante! pourquoi m’avez -vous si long-tem])s eaelié votre projet? Ai-je une autre pensée que celle de votre boulieur?(è Sesanne.) Mon cher oncle, {il prend sa main , qu'il met dans celle de sa tante) rendez heureuse une tante que je chéris, et je ne demande pour pri.x des soins que lui a prodigués ma tendresse, que la permission de les lui continuer encore.
.M I) A M E U E R B I N K , à Sesanite , avec attendrisseme/it.
Vous l’entendez, monsieur?
O R P H I L E , ù Sesanne.
J’accepte avec reconnaissance la promesse que vous voulez bien me faire de vous intéresser au succès de mes vœux auprès de votre chère cousine, (ô sa tante.) C'est à présent qu'il me sera doux de iii’abandonneraux mouvements de mon cœur : je ne craindrai plus que l’envie et la méchanceté empoisonnent mes actions, en leur supposant un motif dont la seule idée me fait rougir. ( /'endant qu Orpliile parle, Sesanne et Victorine témoignent autant 4k surprise que de confusion; madame Ilerbine a peine a contenir ses larmes de tendresse. )
MADAME 11 E R B I N E , embrassant Orpliile.
Embrasse-moi, mon cher neveu; il n’y a pas un mot