ACTE III, SCÈNE II
rher Valentin; et, dieu merci, j’y vois un peu plus loin: je suis en veine, et je veux en profiter en épousant Victoriiie. D’abord je me venge de Sesannc, et c’est déjà quelque chose; mais ce qui vaut mieux, je m’assure les successions de mon oncle et de ma tante, qui pouvaient fort bien m’échapper sans cela: je réunis, par ce moyen, tous les biens de la famille, et, avant cinq ou six ans, je me trouve le plus riche particulier de France.
VALENTIN
Dans vos prospérités, j’espère, monsieur, que vous n’oublierez pas le fidèle Valentin. Je n’ai pas de succession à attendre, moi! Par un défaut de formalité dans le mariage de ma mère, je ne suis le fils de personne; ce qui m’empêchera nécessairement d’hériter de quelqu’un.
on PH ILE.
Je me charge de ton sort: pour première faveur, je t’éléve à la dignité de valet de chambre; je te fournissais la livrée, tu pourras maintenant t'habiller à tes frais.
VA LENTI N
Vous êtes bien bon !
O R P H ILE
Je n’augmente point tes gages, mais je t’assure une pension de cent écus de rente après ma mort.
VALENTIN
Vous êtes beaucoup plus jeune que moi; et suivant toutes les apparences....
ORPHILE.
Dans ce cas, si tu meurs avant moi, comme tu n’as pas de parents , je suis ton héritier naturel , et la pension me revient de droit.
L’AVIDE HÉRITIER
VALENTIN
Dans tout ceci , je ne vois pas bien ce que vous me donnez.
C'est pourtant bien clair ; mais ce n'est pas tout ; tu sais lire et <5crire?
VALENTIN
Et compter, monsieur, les quatre ré|;les sur le bout du doi(;t.