‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 271 sur 382 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LEE MÊMES, ORPHILE.

DURFOnT.

Salut à monsieur l’héritier. Vous avez là un très bel hôtel; je vous en fais mon compliment.

MADAME II E R s I N E.

Mon neveu , je ne vous le cache pas , je me suis expliquée avec mon frère, et j’ai appris de vous des choses... mais je neveux rien approfondir, et la noblesse de votre procédé envers Victorine rachète à mes yeux tous vos torts.

DURFORT

Oui, en n’y regardant pas de trop près, cela ressemble à du désintéressement.

ORPHILE.

Qu’en pense mademoiselle?

VICTORINE

Que mon refus, monsieur, n’ayant jamais eu pour objet l’état de votre fortune, le changement qu’elle éprouve n’en apporte aucun à mes résolutions.

MAD A. ME II ER BINE

Comment, mon neveu, avec quarante mille livres de rente ?

L’AVIDE HÉRITIER

OIIPHII.E.

Avec cinquante-quatre mille, ma tante, sans compter mes espérances.

MADAME HER BINE

Cinquante-quatre mille! (à son frère.) Vous êtes un homme raisonnable, mon frère....

DU R FO R T

Victorine, il est vrai, n'aime pas notre neveu.

MADAME HERBINE.

Elle l'aimera.

VICTORINE

Je le déteste, madame, (à OrphUe.) Mille pardons, monsieur.

Ne faites pas attention, mademoiselle.

MADAME HERBINE.

Sa mère a recommandé qu’elle fît un mariage de convenance. En un mot, mon parti est pris; elle l'épousera, ou ne se mariera pas, de mon vivant du moins.

VICTORINE

Croyez, madame, que je ne me lasserai jamais d’attendre.

DURFORT

Elle a du caractère, la pupille.

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