‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 286 sur 382 · LE SOLLICITEUR · texte numérisé non relu

LE SOLLICITEUR

Ne doutez pas de ma reconnaissance....

CADAVAL

Ne parlons pas de cela : d'ailleurs je dois vous en prévenir; c’esth Célestine Pélicana, à la première camariste de la princesse Diane, que vous êtes en grande partie redevable du succès de votre affaire.... Voyez-la , c’est

3;4 LES INTUIGUES DE COUH.

une politesse que vous lui devez. (// prend des pétitions des mains de plusieurs solliciteurs qu’il congédie d'une nmnière très affable. )

(à Àuréliano qui s'est tenu U F écart, avec dignité.)

Que demandez-vous, monsieur? je le devine; votre pension militaire n’est pas payée.... c’est malheureux; mais il huit penser aux soldats qui se battent, avant de songer à ceux qui se sont battus.

AUBÉI.IANO.

Rien de plus juste; mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit; je ne demande rien au roi ; j’ai besoin de lui parler, c A DAVAL, «fiin air ironique.

Parler au roi!.... vous!....

Moi-même : que trouvez-vous là d’extraordinaire?

CAD AVA L

Rien , si ce n’est que pour parler au roi , il faut lui être présenté; et que pour être admis à cette faveur, il faut un nom.... présentable.

AC n ELI A N O.

Le nom d'Aurélianoaétccité honorablement à Arzile, à Tanger, et j’ose croire qu’ Alphonse l'Africain ne l’eût pas oublié.

CAD AVAL

Mon cher monsieur, le roi Alphonse est mort et son fils n’est pas chargé d’acquitter ses dettes : au fait, vous n’êtes point fidalgo, noble de race; vous pouvez écrire au roi ; mais vous ne pouvez le voir qu’en public.

ACnÉLIANO.

liC roi me recevra en particulier, j’en suis sûr; atmoncez-lui seulement que le capitaine Auréliano, qui lui dc-

ACTK I, SCÈNE III. 37'.

mande iineaiidicncc, est le père de Florida, fille d'iiotineur de la princesse Diane....

CAI) AV. SL

Quoi! seigneur Auréliano; vous seriez le père de cette jeune personne si belle, si.... prenez un siège.... je vous j>rie, et veuillez m’excuser si je ne vous ai pas reçu avec tous les égards qui vous sont dus....

AURÉLIANO.

Seigneur Cadaval, à en juger par la réception que vous m’avez faite, il parait que le titre de père d’une jolie fille d’honneur emporte ici plus de considération que celui d’un vieux guerrier couvert de blessures; tant pis pour le roi. Néanmoins, c’est un abus dont je suis bien aise de profiter une fois dans ma vie; laites donc savoir à sa majesté que je suis à Lisbonne, et que ma fille me transmettra ses ordres au château d'Almada, ou je vais les attendre.

{ Il sort. )

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