‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 302 sur 382 · FERNAND · texte numérisé non relu

FERNAND

Certainement, seigneur duc; mais c’est que vos amis eux-mêmes ne savent jamais si vous parlez sérieusement. Par exemple, vous êtes entré dans l’intrigue qui a conduit à 1a cour la jeune Florida, et vous vous entendez maintenant avec la marquise Oropéza pour faire revenir à Lisbonne le père de cette jolie fille d'honneur qui peut faire manquer votre projet: vous avez l’intention de vous rendre maître du nouveau ministère, et non seiilenient vous n’employez pas votre crédit pour y faire entrer vos créatures, mais vous trouvez tout simple qu’on y porte un amiral Freytas, ennemi déclaré delà maison de üragance. Comment expliquez-vous ces contradictions?

Digiti^cJ bv Coobl(

ACTK I, SCKNE X.

LE nue.

Ue lu muiiièrc la plus naturelle: je suis ostensiblement auprès du roi pour réclamer l’effet de la promesse de son père, et lui offrir la main de la princesse Kléonore de Bragarice; nous avons intérêt à ce que le roi s’y refuse; je me joins à ses courtisans pour lui donner une maîtresse; mais cette maîtresse lait ombragea la marquise üropéza que je dois ménager pour une occasion d’une toute autre importance; je m’unis à elle pour éloigner l-'lorida de la cour, bien sûr de n’y pas réussir. Quant à mon indifférence sur le choix des ministres, elle tient à une considération d'un ordre plus élevé, et sur laquelle je vous demande la permission , mon cher Fernand Oomez, de garder avec vous-même un secret qui vous assure tous les avantages de la réussite sans vous exposer aux périls de l’entreprise.

F E tl N A fi t).

Je ne vous le demande [)as, seigneur duc; prenez-y bien garde; mais, ne craignez-vous rien pour vousmême? Jesuis instruit que don Juan vous voit à la cour avec inquiétude; on se trompe sur le caractère du roi; avec toute l’ardeur, avec toutes les passions de son âge, il fait tout par lui même, il voit tout par ses yeux, et la loi pèse ici sur toutes les têtes.

Jesuis son vassal et non pas son sujet; quelque chose qui arrive, il n’oubliera pas, je l’espère du moins, que j’étais souverain, et qu’il ue régnait pas, lorsqu’au sein de ma cour je reçus de lui le plus sanglant outrage; je n’ai point permis que la justice des boiiunes intervînt dans notre querelle.

LES INTHlOtlES DE COUIS.

Je servirai vos desseins sans cliercher à pénétrer vos secrets. Il est convenu que je reste Kdéle au roi; mais j’ai à me plaindre de l’oubli où il me laisse, et j’ai tout h espérer d’un chaii{;ement opéré dans les intérêts de la maison de Biajjance ; je no sais pas de quelle nature doit être ce changement, je ne veux pas le savoir; ce qui ne m’empêchera pas de le seconder de tout mon pouvoir.

LK DUC

C’est cela même, seigneur Fernand Cornez; je vois «pie vous ne vou's compromettrez pas.

FRIIN A?iD.

Jamais; c'est un principe que je me suis fait... je vous quitte et je me rends au lever.

LE DUC

J’y paraîtrai plus tard ; nous ne devons pas y arriver ensemble.

SCÈISE XL

LE DUC, LACAJO, d^tns le fond.

LE DVC, à Lacajo.

Tes dispositions sont bien prises? tu es sûr des gens que tu emploies? '

LACAJO.

J’ai choisi parmi les estafiers de la garde de monseigneur, vingt hommes dont je réponds comme de moi; des chevaux sont disposés par relais depuis Lisbonne jusqu’à la frontière de Castille; et, quelque ordre qu’il

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