ACTE ni, SCÈNE ill
Fi.oniUA.
La marquise d’Oropéza, instruite la première de son retour, a bien voulu le faire prévenir; et dans peu d’instants, si votre altesse le permet, je jouirai du bonheur de le revoir.
DIANE
Pourquoi ne s’est-il pas fait présenter au roi?
FLOIUDA.
Il a servi son pays avec honneur: mais je crois l’avoii dit à votre altesse; il n’est pas gentilhomme.
Il I A N E.
Mon frère a réformé cet abus; près de lui les meilleures lettres de noblesse sont les services les plus honorables. Je lui parlerai de votre père.... Ainsi, Florida, vous n'avez encore vu personne aujourd'hui ?
ELOniDA.
Pardonnez-moi , madame , j’ai vu le roi.
DIANE
Il est venu ici?
FLORIDA
J’ai reçu l’ordre de me rendre près de lui.
Qu’avait-il donc de si pressé à vous dire?
II m'a parlé de votre altesse.
De moi?
FLORIDA
De l’amitié si tendre qu'il vous porte,.... et du plaisir qu’il aurait à vous en donner aujourd'hui un témoignage
LIiS INTlUOrES DE CODR.
Et il n’a pas poussé plus loin sa rourulcncf?
FLORIDA
Madame....
Vous sous troublez.... Florida, rassurez-vous; ce n’est point une vainc curiosité qui me porte à lire dans votre creur. ( Elle lui prend la main avec bonté. ) Mou frère vous aime.... J’aurais voulu ne pas être la dernière à l'apprendre.
FLORIDA
Croyez, madame, que si j’avais osé me l’avouer à moi-même, votre altesse en eût été la première instruite, et que je n’auiais pas attendu jusqu’à ce jour pour prendre une résolution dont la reconnaissance et l'honneur me font un devoir.
DIANE
Quelle est cette résolution?
FLORIDA
De renoncer au plus doux espoir de ma vie ; de m’élui(jncr de votre altesse.
Me quitter, Florida!.... vous pourriez vous y résoudre? .... Mais je n’aurais pus le couraye de le souffrir; vous ne punirez pas ma tendre amitié du fol amour de mon frère. Il vous aime.... Eli bien ! c’est un malheur pour lui seul ; je le connais : vous n’avez rien à redouter de sa tendresse. 11 sait que sa puissance ne s’étend pas sur les cœurs, et quant à ses séductions, où seriez-vous plus en sûreté qu’anprès de moi?