ACTE III, SCÈNE IV
à T.isLonne pour y remplir un double devoir que Dionncur et !» jvUrie m’imposent.
Mon père, j’avais perdu la vieille parente h laquelle vous m’aviez confiée.... Je me trouvais orpheline, sans protection.... le hasard conduisit la princesse Diane dans notre vallée de Castroverde.... elle me vit et daigna m’appeler près d’elle....
AÜRÉLIAXO.
Votre hicnfiiitrice elle-même fut trompée: apprenez, ma fille, dans quel piège vous avez été conduite. Le roi .Alphonse, avant sa mort, avait annoncé l’intention d’unir son fils à sa cousine, sœur du duc de Bragance. Don Juan, en montant sur le trône, ne se montra pas disposé à contracter un mariage qui contrari.iit d’ailleurs les intérêts de ses courtisans; ceux-ci, pour s’assurer un gage à la faveur du jeune prince , résolurent de lui donner une maîtresse.... Vous rougissez, Florida.... en effet, c’est sur vous qu'ils jetèrent les veux.... Votre beauté , votre jeunesse, votre innocence avaient fixé leur choix ; un de ces hasards que les intrigants de cour savent si bien faire naître vous offrit aux regards de don Juan et de sa sœur, et une place honorable vous attira dans sa cour.... Voilà tout ce dont je suis instruit.... Maintenant c'est à vous de me dire le reste.... je vous croirai , ma fille.
FLORIDA
Mon père, hâtons-nous de quitter ce séjour.... J’aime don Juan, j’en suis aimée.... Ija princesse vient d’ajiprendre à l’instant de ma bouche un secret que ce jour même a révélé à mon cœur.... Je sens qtie je ne puis
4a8 LES INTIHOEES DE COUR, vivre loin de don Jiian; mais votre amour m’est encore pins cher que le sien ; j'ai dormi, j’ai rêvé, je m’éveille, et le songe s’évanouit : partons, mon père , je suis prête à vous suivre.
AUnÉLIANO.
Non, mon enfant; nous ne quitterons pas aujourd'hui la cour; j’ai aussi mon secret il révéler au roi, et je ne veux pas qu'il nous accuse d'avoir troublé sa fête.
FLOniDA.
Ah, cette fête! si vous en connaissiez l'objet!
SCÈiNE V.