‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 35 sur 382 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

PIlÉVALf SOLIVAllD.

SOLtVABD.

Monsieur, mille pardons, je vous ai fait attendre. PRÉ VAL.

Je ne suis pas pressé.

SOLIVARO.

Moi, je le suis toujours, J’allonge le diner, j’abrège le discours.

ACTF. Il, SCÈNE VII.

l'RÉVAL.

Je ne serai j>as long. J'adore votre fille.

SOLI VAKD.

C'est le mot convenu.

PRÉ VAL

Mon rang et ma famille V'ous sont connus ainsi que mes intentions.

SOLI VA RD

Monsieur, permettez-moi d'abord deux questions :

Me parlez-vous ici de l’aveu d'Eruestine?

PRÉ VAL

Vous ne supposez pas, à ce que j’imagine.

Que je m’adresse à vous pour obtenir son cœur.

Ni que j’aille moi-même annoncer mon bonheur! Jugez-en comme moi sur la simple apparence.

SOLI VAHD.

Soit: mais sur l’autre point je veux plus d’assurance i

En fait de mariage on a communément

Plus d'amour qu’il n’en faut; jamais assez d’argent :

Or, je voudrais savoir quelle est votre fortune?

PRÉVAL

Fi donc! parler d’argent! le mot seul m’importune;

Car la chose, après tout, ne m’embarrasse pas.

Vous voulez des calculs, voici des résultats:

De tous mes revenus je n’ai pas connaissance;

Mais je sais que par an je fais une dépense De trente mille francs.

s ou VA RD.

Eh! ce n’est pas trop mal :

Cela vous représente un joli capital.

Est-ce eu contrats, biens fonds, rentes claires et nettes?

riikATne. T. iii

JO

L'IIÉUITAGE.

l'IlKVAI..

C'est le produit du jeu, plus «xliii de mes dettes, ■soi.i VAni).

Ileiii I

pnÉVAi..

Vous n’cntcndcA pas? C’est bien simple pourtant; Du jeu, six cents louis, et j’en emprunte autant;

Avec les menus frais d'intérêt et d'escompte,

Vous trouvère?., je crois, que cela fait mon compte. SOLIVARt).

Oui, mais ce compte-là ne peut faire le mien; Comment, vous me donne? des dettes pour du bien! Sur les hasards du jeu vous fonde? vos recettes!

PR ÉVAL.

lUessieurs les linanciers, voilà comme vous êtes;

Ces raisons ne sont rien; et pour vous contenter.

C’est de l’or en lliqjot qu’il faut vous présenter.

J’en aurai...., quand du ciel les bontés paternelles liappcllcront à lui deux tantes éternelles,

Qui ne lâchent point prise à quatre-vingt-dix ans,

Kt n’ont pas honte encor de vivre à mes dépens.

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