‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 360 sur 382 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

LE HOl, DIANE.

LF. IlOI.

Nos cœurs s’entendent, ma chère Diane.

DIANE

Oui, mon frère. Je crois même qu’ils se devinent : je ne vous ai pas encore dit que j’avais vu ce matin le capitaine Âuréliano; je vous réservais cette bonne nouvelle pour remerciement de la fête charmante que vous m’avez donnée.... Je ne vous parle pus des conditions que j'ai dû m’imposer û inoi-mêinc

LE ROI. ^ 0

Je les tiendrai toutes.... Tu ne sai|||Étes, ma su-ur toutes les raisons qui iii’en font un dev'UB'. Mais parlons de toi, ma tendre amie; j’ai pris connaissance de ton ultimatum que m’a remis le chevalier don Manuel. Sais-tu bien que je désespère de te marier jamais.... Où trouver un prince qui réunisse toutes les qualités que tu exiges dans un époux?

C’est pour vous dispenser de le chercher, mon frère, que je me montre si difficile.

LF ROI.

J’ai cependant remarqué que pour m’ouvrir un

46i LES INTHIGUES DE COL'n.

champ plus vaste, tu ne parlais ni de race royale, ni même d'un sang illustre.

DIANE, riant.

Je n’ai pas voulu vous découniger tout-à-fait.

LE noi.

l’arlons sérieusement: vous le savez, votre bonheur est un des besoins de ma vie; je vous connais, ma sœur, vous ne sauriez être heureuse hors de votre patrie; ainsi, plus d'alliance étrangère.... restons ensemble. J'ai fait passer à la junte suprême une loi qui n'attend plus que la sanction royale, et en vertu de laquelle les femmes seront habiles à succéder au tronc de Portugal.... Vous pouvez donc espérer....

DIANE

Eh! mon frère, ne m’offrez jamais comme une perspective de bonheur l'idée d’une couronne que je ne pourrais placer sur ma tête qu’après l'avoir vue tomber de la vôtre; laissez-moi vivre votre amie et votre sujette: c'est tou^PiOii ambition.

LE

C’est aussi la mienne; mais enfin, et quoi qu'on en dise, les rois sont au moins aussi mortels que les autres humilies, et j’aime à penser que désormais le trépas ne |)oiirra m’atteindre que pour donner à ma patrie une héritière de mon amour pour elle.

Il I A N E.

Qui pourrait jamais la dédommager de votre perte?

LE KOI.

La meilleure, la plus aimable, la plus chérie des sœurs.

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