‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 2 sur 203 · DE SON EDUCATION · texte numérisé non relu

DE SON EDUCATION

Des points de vue divers sous lesquels orti p^ut çpnsi^icer . V homme : de ce que peut sur lui F éducation,,,.

A science de l'homme^ prise dans toute son étendue^ est immense; son étude longue et pénible. L homme est un modèle exposé à Ja vue des différens artistes.: chacun en considère quelques faces, aucun nen a fait le tour.

Le peintre et le musicien connaissent 1 nons^me • mais relativement à FefFet des couleurs et des sons sur les yeux et sur les oreilles.

Corneille, Racine et Voltaire l'étudient : mais jre^ lativement au% impressions qu'excitent en lui lés actions de grandeur, de tendresse, de pitié , dé JTu--

reur, etc. ' ,.

* Les Molière et les La Fontaine ont considère les hommes sous d'autres points de vue.

Dans Fétude que le philosophe en fait, son objet est leur bonheur. Ce bonheur est dépendant, et des lois sous lesquelles ils vivent , et des instructions qu'ils reçoivent.

La perfection de ces lois et de ces instructions sup-* pose la connaissance préliminaire du cœur, de l'esprit TofliE IL I

2' BE l'homme.

humain,. de leurs diverses opérations , enfin des obstacles qui s'opposent aux prc^rès des scjences , de la morale , de la politique et de l'éducation.

S0iis*oet|e connaîssanœ ^ quels moyens de rendre les hommes meilleurs et plus heureux ! Le philosophe doit donc s'élever jusqu'au principe simfple et productif de leurs (acuités intellectuelles et de leurs passions, ce principe seul qui peut lui révéler le degré de perfection auquel peuvent se porter leurs lois et leurs instmc* Uons, et lui découvrir quelle est sur eux la puissance de l'éducation.

Dan» l'homme , f ai regardé l'esprit , la vertu et le génie comme le produit de l'instmctioti. Cette idée, présentée dans le livre de VEsprit, me paraît toujours vraie : mais peut-être n'est-elle pas assez prouvée. On est convenu avec moi que l'éducation avait sur le génie, sur le caractère des hommes et des peuples, plus d'influence qu'on ne l'avait cru ; c'est tout ce qu'on m'a accordé.

L'examen de cette opinion sera le premier de cet ouvrage. Pour élever l'homme, l'iiQstruire, et le l'endre heureux , il faut savoir de quelle instruction et de quel bonheur il est susceptible.

Avant d'entrer en matière , je dirai un mot,

I*. De l'importance de cette question ;

a^. t)ë la fausse science, à laquelle on donne encore \enoTaâ!éducaiion^

3^ De la sécheresse du sujet , et de la difficulté de le traiter.

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