LE COMTE, MADEMOISELLE DE KERD1C
LE COMTE
Vous êtes gardée là par un vrai dragon, Mademoiselle.
MADEMOISELLE DE KERD1C, riant.
Son service, à ce titre, comme à tous les autres, n’est pas fatigant. Les trésors de mon âge se gardent tout seuls.
LE COMTE
Cela prouve que les gens de goût sont rares en ce pays.
MADEMOISELLE DE KERD1C.
N’allez- vous pas essayer de me faire croire, par hasard, qu’on pourrait être amoureux de moi?
LE COMTE
Ma foi !... Vous devez avoir élé bien jolie !
LA FÉE
mademoiselle de kerdic, prenant sa tapisserie.
Oui... du temps que la reine Berthe filait... Vous ne vous asseyez pas? ( Elle s’asseoit.)
Non. — ( u soupire.) Il est réellement impossible que j’abuse plus longtemps de votre hospitalité ... ( H passe la main sur son front qui s’est assombri, et quitte la cheminée.) Allons !
MADEMOISELLE DE KERDIC, qui suit d’un regard plein d’angoisse tous les mouvements du comte.
El... où allez-vous ?..
LF. COMTE.
Je... je ne sais trop... mais ne craignez pas que j'attache au pays que vous habitez quelque souvenir affligeant... ne le craignez pas...
MADEMOISELLE DE KERDIC.
(D'une voit basse.) — Merci.
LE COMTE. (Il va prendre son chapeau et sa canne ; comme il passe près du piano, il dit en affectant l’insouciance )
Est-ce que vous touchez du piano ?
MADEMOISELLE DE KERDIC.
Un peu.
LE COMTE, s'inclinant.
Oïl Il’est point parfait. (Il prend son paletot sur uuc chaise, puis se rapprochant de mademoiselle de Kerdic qui s’est levée et qui le regarde avec curiosité, il lui baise la main.) Mademoiselle, soyez heureuse : personne ne le mérite mieux que vous... (Après une pause d’un silence pénale.) M’est-il permis de vous charger d’une mission?
MADEMOISELLE DF. KERDIC.
Oui : quoi ?