‹ Œuvres completesChapitre 49 sur 121 · CHAP. XIX. — DES GMANGEMENÏS DANS LES VOIES DU COMM · texte numérisé non relu

CHAP. XIX. — DES GMANGEMENÏS DANS LES VOIES DU COMM

suspension de l'importation. Si de pareils efforts, faits dans un moment critique, entraînaient le risque de se trouver ruiné au moment où les besoins cesseraient, personne ne voudrait exposer son capital dans un pareil emploi. Outre les profits ordinaires des capitaux, le fermier s'attendrait à être indemnisé du risque auquel il serait exposé par une affluence subite de blé, et par conséquent le prix pour le consommateur, dans la saison où celui-ci aurait le plus besoin d'approvisionnement, éprouverait une hausse due non- seulement au renchérissement de la culture du blé dans le pays, mais encore à la prime d'assurance qu'il serait obligé de payer, pour le risque particulier auquel cet emploi expose le capital. Et quoiqu'il résultât un plus grand avantage pour le pays de l'importation du blé à bon marché, il serait peut-être convenable démettre, pendant quelques années, un droit sur l'importation de cette denrée.

En traitant de la rente nous avons vu qu'à chaque augmentation de l'approvisionnement du blé, et à chaque diminution de son prix, qui en est la suite, on dégagera les capitaux employés sur les mauvaises terres; et les terrains d'une qualité supérieure qui, dans ce cas, ne paieraient pas de rente, deviendraient la mesure commune par la quelle se réglerait le prix naturel du blé. Quand il serait à 4 1. le quarter, des terres inférieures, que l'on peut désigner par le n° 6, pourraient être cultivées; on s'arrêterait au n*' 5, cà 3 1. au n" 4 et ainsi de suite. Si le blé, par l'effet d'une abondance permanente, tombait à 3 1. 10 sch., le capital employé dans le n*' G cesserait son emploi; car ce n'est que quand le blé vaut 4 1., que ce capital peut rapporter les profits ordinaires, même étant exempt de rente. Il serait donc déplacé pour être employé à fabriquer les produits avec lesquels on achèterait et l'on importerait tout le blé que l'on récollait sur le n'* 6. Dans ce nouvel emploi, il deviendrait nécessairement plus lucratif pour le capitaliste; car, s'il pouvait obtenir plus de blé par la culture de la terre dont il ne paie pas de rente, que par la fabrication d'un produit quelconque avec lequel il peut acheter du blé, son prix ne pourrait pas être au-dessous de 4 1.

On a pourtant prétendu que l'on ne pouvait pas retirer le capital engagé dans la terre , parce qu'il se convertit en dépenses qu'on ne peut plus recouvrer, telles que celles des engrais, des clôtures , des dessèchements, etc. , qui s'incorporent à la terre, et en deviennent inséparables. Cela est vrai jusqu'à un certain point; mais le capital qui se compose de bétail, de moutons, de meules de foin ou de blé, de charrettes, etc., peut être retiré; et il reste à calculer, si ces ob-

jets doivent continuer à être employés sur la terre, malgré le bas prix du blé, ou s'il ne vaut pas mieux les vendre , et employer leur valeur à autre chose.

Supposons, cependant, que le fait soit tel qu'on l'énonce, et qu'aucune partie du capital ne puisse être retirée % le fermier, dans ce cas, continuerait à cultiver du blé, et à en récolter précisément la même quantité, quel qu'en fût le prix; car il ne serait pas de son intérêt d'en récolter moins, puisque, s'il n'employait pas son capital de cette manière , il n'en obtiendrait aucun profit. Il n'y aurait aucune importation de blé, car on le vendrait au-dessous de 3 1. 10 sch., plutôt que de ne pas le vendre ; et, dans le cas supposé, le négociant qui en importerait de l'étranger ne pourrait point le donner au-dessous de ce prix. A la vérité, les fermiers qui cultiveraient des terres de cette qualité inférieure , souffriraient de la baisse dans la valeur échangeable de leurs denrées ; mais quel effet en éprouverait le pays ? Nous aurions précisément la même quantité de toutes sortes de produits; mais les produits immédiats de la terre, et le blé, se vendraient à bien meilleur marché. Le capital d'un pays se compose de ses produits ; et comme ils seraient les mêmes qu'auparavant, la reproduction s'en ferait toujours dans la même proportion. Le bas prix du blé ne rapporterait cependant les prolits ordinaires des capitaux que sur les terres n" 5, qui, dans ce cas, ne paieraient pas de rente, et celle de toutes les terres d'une qualité supérieure baisserait; les

' Tout le capital engagé dans la terre, quelle que soit d'ailleurs son importance» doit, à l'expiration du bail, rester au propriétaire, et non au fermier. La rémunération accordée au propriétaire pour l'usage de ce capital lui reviendra toujours sous forme de rente; mais cette rente elle-même cesserait du jour où, avec une quantité donnée de capital, on pourrait récolter sur des terres éloignées plus de blé que sur celles où ont été versés les capitaux. Si la situation du pays exige l'importation de céréales étrangères , si , avec la même somme de frais , on peut récolter 1100 quarters , au lieu de 1000 quarters , il se formera nécessairement alors une rente de 100 1. st. Mais si au dehors on obtient 1200 quarters, la culture indigène sera abandonnée, car elle ne donnera même plus le taux général des profits. Mais quelque forts que soient les capitaux engagés dans la terre, il ne faudrait pas voir dans tout ceci un inconvénient bien grave. Tout capital qu'oa dépense aboutit ou doit aboutir à une augmentation de produits : — il est essentiel de ne pas perdre de vue cette considération fondamentale. Qu'importe, dès lois, à la société que la moitié de son capital, ou même que la totalité de ce capital s'anéantisse, si l'on Cil retire un produit annuel plus considérable. Ceux qui déploreraient la perte du capital dans des cas pareils, me sembleraient sacrifier la lin aux moyens. (Note de V Auteur J

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