‹ Œuvres complètes de Alfred de MussetChapitre 1 sur 66 · IX · texte numérisé non relu

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2 MÉLAMiKS DK LITTÉKATUHE.

On a disciilc avec talent et avec chaleur, clans les salons et dans les feuilles quotidiennes, la question littéraire qui succède aujourd'hui à la question oubliée de la musique italienne. On n'a sans doute rien prouvé entièrement.

Il est certain que la plupart de nos anciennes pièces de théâtre, à défaut de grands acteurs, demeurent sans intérêt ; Molière seul, inimitable, est resté amusant.

Le moule de Racine a été brisé; c'est là le principal grief; car, pour cet adultère tant discuté du fou et du sérieux, il nous est familier. Les règles de la trinité de l'unité, établies par Aristote, ont été outre-passées. En un mot, les chastes muses ont été, je crois, violées.

La pédanterie a exercé de grands ravages; plus d'une perruque s'est dédaigneusement ébranlée, pareille à celle de Hiendel qui battait la mesure des oratorios.

Le genre historique toutefois est assez à la mode, et nous a valu bien des Mémoires. A Dieu ne plaise que je veuille décider s'ils sont véridiques ou apocryphes !

De nobles essais ont été faits ; plus d'un restera comme monument; qu'importe le reste? La sévère et im|)artiale critique est celle du temps. Elle seule a voix délibérative, et ne repousse jamais un siècle pour en élever un autre; elle se souvient, en lisant Dante et Shakspeare, que l'héroïne du premier roman du monde, Clarisse Ilarlowe, portait des paniers.

Janvier i850.

in 2010 with funding from

University of Ottawa

http://www.archive.org/details/1866oeuvrescom09muss

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