‹ Œuvres complètes de Alfred de VignyChapitre 153 sur 226 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

DESDEMONA

Sur mon âme, Cela n'est pas. Qu'il vienne et, devant votre femme. Interrogez-le donc.

OTHELLO

N'ajoute pas le tort Du parjure au péché, près de ton lit de mort !

DESDEMONA. Elle s'est levée un moment et retoynbe sur le lit.

Je n'y suis pas encor pour mourir ?

Tout à l'heure.

En vain tu nîrais tout; fais un serment ou pleure. Tu n'étoufferas pas tout ce que maintenant Je nourris dans le fond du cœur en frissonnant. Tu vas mourir!

DESDEMONA

Dieu juste! ayez pitié!... Vous-même, Ayez pitié de moi. Ce Cassio, je ne l'aime Que de cette amitié bienveillante pour tous. Qui ne peut exciter aucun soupçon jaloux. Je ne vous offensai jamais par mon langage ; J'ai pris pitié de lui, mais jamais aucun gage...

OTHELLO

Oh ! par le Ciel ! j'ai vu ce mouchoir dans ses mains. Femme, ô femme parjure entre tous les humains !

264 lE MORE DE VENISE

Ce mot seul rend mon cœur de fer. Mon sacrifice De ta vie, à présent je le nomme Justice. J'ai vu le mouchoir.

DESDEMONA

Vous? Il l'avait donc trouvé?

Qu'il vienne, et par lui-même il vous sera prouvé...

OTHELLO

Il a déclaré...

DESDEMONA

Quoi?

OTHELLO

Qu'il t'avait possédée.

DESDEMOMA.

Il ne le dira pas!

OTHELLO

Non, sa bouche est fermée; Yago s'en est chargé.

DESDEMONA, épouvautée.

Ma crainte explique tout :

Il est mort!

OTHELLO

Il est mort ! Quand son ange debout Aurait multiplié cent fois son existence. Cent fois on l'aurait vu tomber sous ma vengeance.

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