‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 1 sur 268 · LES TERNAIRES · texte numérisé non relu

LES TERNAIRES

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Ce voyage i*. 'tique, d'un bourg de Bretagne aux villes d'Italie, semble demander, si rapide qu'il soit, quelques mots d'introdur'ion.

C'est qu'aux fantaisies de la route, au libre plaisir d'aller/ et de voir, venait se joindre la recherche d'un -but plus élevé : da l'a, comme un double voyage, idéal et réel. Si le prccîédsnt volume de Marie s'adressait avant tout au •sentiment, celui-ci, môme en face des splendeurs de la nature et do l'art, à travers les épisodes, délasse- . ments du chemin, devra donc s'adresser souvent à la réflexion.

Heifreux peut-être qui s'en tient aux seules émotions de l'âme, aux habitudes du foyer, aux simples joies du pays natal 1 Cette idée, symbolisée dans le chant de la Fleur d'Or *, a même donné le.titre de ce recueil; cependant, après les fraîches années de jeunesse et d'inspiration, combien pourraient^ dans la vie et dans l'art, négliger la science et impunément se passer d'elle ?,

* D'après de nombreux ayis, on a cru devoir, dans cette édition, remplacer par ce titre de la Fleur d'or le nom trop obscnr de Teiifuùres : une disposition plus claire et plus courante des pièces, et un très-grand nombre de vers inédits feront, d'ailleurs, de ce livre lyrique un ouvrage presque nouveau.

LA FLEUR d'or.

C'est la néœssité de cette recherche pénible, mais fructueuse qui, conciliant à ce livre les hommes de pensée, décide l'auteur à le placer ici comme un lien et un anneau entre ses autres œuvres.

Au surplus, à ceux qui gardent une riante image de quelques hameaux d'Armorique d'après l'idylle qui les chanta, l'auteur doit annoncer qu'il reste toujours fidèle à son genre de poésie et à ses premiers instincts. Il sent trop le bonheur de pouvoir se dire : j'ai un paysl Si donc il s'en éloigne , c'est pour y revenir bientôt et mieux enseigné : encore, dans cette excursion dans le Midi, emmène-t-il tous ses souvenirs, et aux fleurs de l'oranger se pla!t-il à mêler les fleurs jaunes de la lande. Mais, besoin de l'âme et des yeux, il faut voir de plus près le soleil.

Rentré dans son village natal , et prêt à se replonger à la source de ses inspirations, puisse aujourd'hui le voyageur ne pas croire ses pas entièrement perdus ! Puissent même, dans les lieux qu'il a parcourus ou dans le monde des idées, ceux qui le suivraient, trouver avëb plaisir quelques-unes de leurs impressions prévues dans ses notes poétiques et utilement résumées! C'est que, t)rise dans son essence, la vie d'un seul est la vie de tous.

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